Salamandre

Le pouls de la Terre, Ernst Zürcher, La Salamandre

Les livres de la collection « Marcher avec… » aux éditions de La Salamandre sont toujours la rencontre d’un point de vue nouveau sur la marche et la nature. Après le bédéiste Edmond Baudoin, c’est l’ingénieur forestier Ersnt Zürcher qui nous livre ses expériences au fil des chemins – de ses premiers pas à une longue marche vers la Méditerranée – et le fruit de réflexions élaborées au cours de ses recherches. Comme indiqué en quatrième de couverture : « Ce spécialiste des liens entre les arbres et leur environnement nous invite à renouer avec le vivant, à prendre son rythme à l’écoute de notre corps, de ce qui nous entoure et du cosmos, pour finalement retrouver le sens de l’essentiel et le goût de la joie. »

Une question perdure bien au-delà de la lecture :

Serons-nous enfin en mesure de (re)pratiquer un vrai « donner » et « recevoir », où la contrepartie aux bienfaits dont nous profitons de leur part [des arbres et des forêts] serait ce que nous avons de plus profond, de plus personnel et de plus précieux à offrir : notre émerveillement, notre mélodie, notre chant – qui fait également partie des chants de la nature ?

Nadège

littérature française, poche, Points - Seuil, Récit

Le lac magique, Yaël Cojot-Goldberg, Points, Seuil

Il avait suffi d’une soirée pour décider de partir vivre un an au Canada.

Alors qu’elle s’envole pour le Canada avec son mari (T.) et ses filles pour une parenthèse d’un an, Yaël Cojot-Goldberg est loin de s’imaginer l’expérience unique qu’elle s’apprête à vivre. En effet, dans la communauté de S. Estate, où la famille pose ses valises pour le premier mois de voyage – avant de rejoindre Montréal –, les femmes ont pour rituel matinal de se baigner nues dans un lac au milieu des bois. Dès le lendemain de leur arrivée, Leslie – la propriétaire de la maison louée par Yaël Cojot-Goldberg et son mari –, l’invite à se joindre au groupe. Surprise et ne sachant que répondre, elle se laisse convaincre grâce aux encouragements de T.

 C’est un monde inconnu ou trop peu exploré qui s’ouvre alors à elle : celui de sa féminité, du bonheur à ressentir la nudité de son corps dans la nature, le lien l’unissant à ces femmes d’âges et de corps variés, mais si semblables dans leurs différences. Ces marches vers le lac et ces baignades quotidiennes la mènent à s’interroger sur la femme qu’elle a délaissée en devenant mère (ou l’excuse que lui a fourni la maternité pour ne pas s’écouter), sur sa judéité (la communauté de S. Estate étant constituée de plusieurs familles juives qui avaient émigré ensemble), sur les relations qu’elle entretient ou a pu entretenir avec ses parents séparés peu de temps après sa naissance, sur sa condition de fille qui, en français, ne laisse pas la possibilité de s’émanciper du rôle familial qu’il nomme :

Tout est dit : on peut être un garçon et ne pas être un fils. Quand on est une fille, l’autre mot n’existe pas – du moins, en français. Pas moyen d’y échapper. Je n’ai pas pu choisir entre « girl » et « daughter ».

Au fil des jours, une forme de réconciliation et de sérénité intérieure se dessine jusqu’à donner naissance à ce récit intime et libérateur.

Nadège

auteur belge, Julliard, littérature belge

Au bord, Angelo Tijssens, Julliard

Angelo Tijssens est un réalisateur et dramaturge néerlandais. Au bord, son premier roman, a été salué par la critique en Flandre et aux Pays-Bas.

Le plan de ce livre est assez simple : à la mort de sa mère, un homme redécouvre les lieux de son enfance et part à la recherche de son amour de jeunesse. Son séjour lui rappelle son enfance difficile due à une mère alcoolique et oppressive, ainsi qu’à la découverte de son homosexualité.

Ce n’est pas un roman d’amour. C’est un roman sur l’amour. Ou plus justement, c’est un roman sur le non-amour.

Ce qui caractérise Au bord, c’est son langage poétique et brutal, ses successions de phrases courtes dénuées de contexte, ni lieu, ni heure, ni prénom, aucune description physique, tout le « superflu » est mis de côté.

Un premier roman intriguant à découvrir.

Fantasy/Science-fiction, Kennes, Littérature québécoise, Litttérature de jeunesse

Nozophobia – Mathieu Fortin

L’empeste, une maladie créée pendant la guerre dans un laboratoire d’Ouzbékistan, a décimé une bonne partie de la population.

Nozophobia est une cité hermétique, construite par la riche famille des Miersk qui gouverne, finance et « protège » ses citoyens de la maladie.

Tout le monde vit dans la hantise d’une contamination, puisque toute infection entraine un exil en dehors des murs de la ville.

Valek, le narrateur et personnage principal de l’histoire, s’est entrainé toute sa vie, depuis que son père a été exilé pour empeste, afin de devenir Désinfecteur (sorte de police des maladies dont le rôle est de tester les citoyens, de prendre en charge les contaminés…).

Un jour, alors qu’il rentre chez lui, l’alarme sonne. Les empestés s’introduisent dans l’enceinte de la ville. Alors qu’il devrait se mettre à l’abri, il assiste à la scène et découvre la vérité…

Nozophobia est un récit simple et fluide. Malgré quelques facilités scénaristiques, certains de ses aspects raisonnent en nous à la suite de la crise du covid.

Un roman parfait pour initier les ados à la science-fiction.

A partir de 13 ans.

Mythologie grecque, Rouergue

Pallas – Marine Carteron

Si les textes antiques nous ont appris le déclenchement de la Guerre de Troie ; l’enlèvement d’Hélène, femme de Ménélas, que nous disent-ils sur ce qu’il s’est passé avant ? Quels liens ont les dieux et la cité ?

Pallas, premier tome d’une nouvelle trilogie écrite par Marine Carteron, autrice notamment des Autodafeurs et Generation K, nous plonge aux prémices de la Guerre de Troie.

Ce roman polyphonique féminin est articulé autour de Pallas, fille de Triton et meilleure amie d’Athéna. Zeus la transformera en statue. Celle-ci réside au cœur de Troie, dans le Palladium, un sanctuaire où les femmes peuvent se réfugier.

On suit principalement le parcours d’Hésione, qui nous montre ce que c’est d’être une jeune femme dans la Grèce antique, une jeune femme qui a des envies de liberté, mais qui a cependant un rôle à tenir puisqu’elle est grande prêtresse d’Athéna. Sa mission : aider celle-ci à délivrer Pallas, emprisonnée quelque part, dans la cité de Troie, car Pallas est toujours là, pas vraiment morte, mais pas vraiment en vie non plus.

Si ce premier tome reste très introductif, la modernité apportée par l’autrice, de par son style et de par l’importance qu’elle donne à ces femmes, ne nous éloigne cependant pas du tragique des textes classiques.

Ce récit haletant et passionnant est à découvrir à partir de 14 ans.

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