Grasset, Littérature étrangère

Lumière d’été, puis vient la nuit – Jón Kalman Stefánsson – Grasset

Le dernier roman traduit de Stefánsson, paru en islandais en 2005, est la chronique d’une communauté villageoise des fjords de l’ouest islandais. C’est le récit de leur quotidien, mélange de faits anodins – qui ne le sont pas, ou pas seulement, puisqu’ils sont l’étoffe de leurs jours – et d’événements – qu’on ne peut qualifier de tels que par les effets inattendus et décisifs qu’ils provoquent : ainsi de certain songe en latin, qui bouleverse la vie de celui qu’il visite et change celle du village tout entier.

On retrouve dans Lumière d’été, puis vient la nuit les thèmes des autres romans de l’Islandais : la part déterminante du hasard dans la vie humaine et l’influence des rêves ; la présence de la mort – et même des morts, en l’occurrence ; l’amour, qui est souverain mais ne peut rien contre la chair ; le désir dans toute sa puissance de bouleversement et d’abrutissement ; la quête de sens ; l’écart entre les gestes et les paroles de l’homme, et son cœur, qui « reste tapi sous la surface et n’apparaît jamais en pleine lumière » ; la violence aussi – quand une femme trompée tue une chienne et tous ses chiots.

De même, le roman met en œuvre les procédés familiers au lecteur de Stefánsson. Le narrateur, dont on n’apprend à peu près rien, parle en nous, s’incluant ainsi dans la petite société dont il est l’historiographe et dans l’humanité entière, tout en gardant une distance de témoin. Il s’adresse fréquemment au lecteur, que ce soit pour lui rappeler qu’il lui raconte une histoire, faire appel à sa mémoire ou le prendre à partie concernant ses réactions et ses pensées. Il fait ainsi figure de conteur, déroulant avec une familiarité passionnée le fil de son récit et tissant un lien intime avec ceux qui l’écoutent. Sa parole, fluide et vive, nous emmène et nous retient dans une histoire dense et foisonnante, portée par des personnages auxquels on s’attache vite – sans doute parce qu’ils nous ressemblent et se débattent dans les mêmes difficultés que nous. Il raconte les mouvements et les fluctuances des destins individuels, qu’il entremêle – souvent par le désir et l’adultère – et inscrit ces histoires dans celle du village, du pays et même du monde, de sorte que les temporalités se superposent, s’étalent et s’enroulent, dans un récit au rythme enlevé, écrit dans une langue simple, sobre et juste.

Ce narrateur formule aussi de nombreuses critiques à l’encontre de « notre époque suffocante » et de l’évolution du monde, et d’autres commentaires, beaucoup moins sévères quoique non moins lucides, sur nos errances, nos faiblesses et nos contradictions, qu’il met en lumière avec une ironie tendre, une indulgence réconfortante et un certain sans-façon : « Nous sommes décidément très doués pour énoncer des évidences, mais ne vous y trompez pas, les mots les plus simples expriment souvent les questions fondamentales. »

C’est d’ailleurs toujours de questions fondamentales qu’il s’agit chez Stefánsson, qui nous dit encore une fois, avec justesse et ferveur, combien il est ardu de vivre – combien il est merveilleux de vivre. Il nous présente l’existence et la condition humaines dans leur totalité, leur densité et, le plus souvent, leur complexité, sans en occulter les ombres et sans en voiler les lumières. Il les rend aussi à leur caractère irréductiblement paradoxal, sans chercher jamais à l’évacuer ni même à l’estomper. Il accorde aussi à chaque individu, à chaque vie, une valeur identique, à la fois dérisoire et inestimable, et remet les choses à leur juste place : ce qui importe, ce n’est pas le travail, ou l’argent, ou la réputation, ni même le savoir ; non, « ce qui compte le plus, c’est une robe de velours sombre » – il s’agit là d’un lieu commun, certes, mais il ne semble pas très fréquenté, sinon en paroles. Stefánsson nous rappelle enfin que « la vie est incroyablement étrange », et la rend à sa foncière étrangeté – qui se manifeste dès qu’on prend la peine de regarder.

Belfond, Cherche midi, Grasset, Presses de la cité, Stock

En panne d’idées? En voici les coups de coeur de Nadège

Les coups de coeur de Nadège :

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Paolo Cognetti a reçu le prix Médicis étranger et le Prix Strega (équivalent italien du Prix Goncourt) pour cette belle histoire d’amitié masculine, un thème rarement traité en littérature, qui plus est par un homme. 

Bruno et Pietro ont une douzaine d’années lorsqu’ils se rencontrent. Le premier est un pur montagnard ; le second vient chaque été en vacances dans son village. Si Bruno ne quittera jamais les paysages qui l’ont vu naître et si Pietro continuera ses allées et venues sans jamais se poser, l’amitié nouée dans l’enfance résistera aux temps et à l’absence.

 

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Les début de l’électricité et le combat acharné auquel se livrèrent Georges Westinghouse et Thomas Edison pour en contrôler la distribution vus par Graham Moore (scénariste ayant reçu l’Oscar du meilleur scénario pour The imitation Game). Un roman passionnant qu’on ne peut lâcher une fois commencé !

 

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Trois époques :

1852. Un savant anglais déprimé retrouve enthousiasme et goût à la vie en se passionnant pour les abeilles et la conception d’un nouveau type de ruches.

2007. Un apiculteur américain est confronté au désintérêt de son fils qui n’a aucune envie de reprendre l’exploitation familiale déjà menacée par la disparition progressive – et parfois très soudaine – des abeilles.

2098. Les abeilles ayant disparu, ce sont des ouvriers qui sont chargés de polliniser les fleurs à la main. Quand le fils d’une ouvrière tombe mystérieusement dans le coma après une escapade en forêt, sa mère, Tao, se retrouve au cœur d’une histoire qu’elle ne soupçonnait pas.

 

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« Si un jour tes parents te proposent d’aller au restaurant, surtout ne choisis pas une pizzeria », c’est ce qu’un ami de Max lui a conseillé. En effet, qui dit choix du resto, dit mauvaise nouvelle en perspective. Alors, quand ses parents lui demande ce qu’il aimerait manger, Max répond « des sushis ». Se priver de poisson cru toute sa vie ne lui paraissant pas un grand sacrifice.

En revanche, vivre sans ses deux parents, Max a beaucoup de mal à l’envisager. Alors quand un disque du grand magicien Mosche Goldenhirsch glisse d’un carton de son père, Max pense avoir trouver la solution : le sortilège d’amour éternel, voilà ce qu’il lui faut ! Malheureusement, le disque est rayé juste au mauvais endroit. Max décide alors de retrouve le vieux magicien.

Dans l’esprit du film La vie est belle de Roberto Begnini, Max et la grande illusion est un premier roman touchant et empli de tendresse.

 

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Le frère de Michel, le narrateur, est mort dans un accident de la mine. Un peu plus tard, le père de Michel lui laisse un mot avant de partir : « Venge-nous de la mine ». Cette vengeance, Michel l’a nourrie durant des décennies. Au décès de sa femme, sans héritier, seul survivant d’une famille meurtrie, Michel décide de revenir dans le Nord pour passer à l’acte. Ce qu’il veut ? (R)ouvrir enfin le procès de la mine.

 

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Dans la veine du réalisme magique hispano-américain, Miguel Bonnefoy nous entraîne dans une histoire de légendes, de cannes à sucre, de trésor de pirates et de chercheurs d’or. Un roman très réussi et un jeune auteur à suivre !

Grasset, Litttérature de jeunesse

Vladimir et Clémence, Cécile Hennerolles et Sandrine Bonini, Grasset jeunesse

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La vie avait donné à Vladimir un prénom qui sentait la neige fraîche, et une vilaine myopie qui le contraignit très tôt à porter d’affreuses lunettes.

On n’a jamais vraiment su si c’était à cause de ses yeux qui ne voyaient pas très bien que Vladimir avait décidé de regarder le monde à travers son appareil photo. Ou peut-être était-ce simplement parce qu’il aimait le petit clic qu’on entend à l’oreille, et qu’on sent sous les doigts, au moment d’appuyer sur le bouton pour fixer l’instant à tout jamais.

Toujours est-il que la photographie devint son métier.

Ainsi commence Vladimir et Clémence, l’histoire d’une rencontre entre un photographe spécialisé dans les portraits de personnes âgées et une jeune femme invisible qui apparaît un jour mystérieusement devant son objectif. A partir de cet instant, Vladimir n’a de cesse de la retrouver…

Un conte délicat et poétique, tout en tendresse et joliment illustré, à mi-chemin entre Le Petit Prince (on ne voit bien qu’avec le cœur) et Amélie Poulain (Clémence l’Invisible s’est donnée la mission d’aider les gens et de les rendre heureux en traçant des mots et des flèches à la craie sur leur chemin). Une histoire d’amour, de différence, de photos de famille et de petits cailloux blancs semés ici et là…

Une histoire qui rend heureux…

 

Grasset

Vide-grenier. Voyage dans la mémoire, Patrick McGuinness, Grasset

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Patrick McGuinness est un écrivain britannique né en Tunisie et vivant au Pays de Galles. Dans ses veines coule du sang irlandais… et belge. Et c’est justement ses origines belges que l’auteur met à l’honneur dans ce Vide-grenier.

Fils de diplomate, Patrick McGuinness a suivi ses  parents au gré des affectations de son père (Iran, Venezuela, Roumanie…), mais son port d’attache reste encore aujourd’hui la maison de sa grand-mère à Bouillon. C’est là qu’il nous emmène pour un voyage dans la mémoire au cours duquel il se souvient de sa famille, des personnes qui peuplaient la ville quand il était enfant, des surnoms qui collent à la peau (un Pistache reste un Pistache même s’il a traversé l’Atlantique)…

Au gré d’anecdotes personnelles ou historiques, le lecteur fait la connaissance de Julia, Lucie, Eugène… et croise (plus ou moins heureusement) le chemin de Verlaine et Rimbaud, Léon Degrelle ou Simone Signoret.

Une manière de découvrir Bouillon sous un autre jour… et de voyager dans sa propre mémoire car, inévitablement, les évocations de l’enfance de Patrick McGuinness nous rappellent à nos propres souvenirs, nos absents, ces lieux disparus mais intacts au fond de soi, ce doux parfum d’enfance que l’on porte secrètement en soi, partout, toujours.

Grasset

Juste une fois, Alexandre Jardin, Grasset

https://www.youtube.com/watch?v=bVRlfZ1bV5Q

Fameux « teaser » en bon Français ! Tu te demandes pourquoi cet envoi ?

 

Eh bien, il est à la base de l’achat du livre d’Alexandre Jardin.

 

Cette  chanson passait  à la radio, dans la voiture, et mon épouse s’est rappelée  avoir entendu, à Vivacité « le 8 – 9 » une entrevue entre Alexandre Jardin et Benjamin Maréchal.

 

En France, il recevrait des reproches : des lecteurs  trouvaient dommage que le roman comporte beaucoup d’expressions québécoises !!!

 

Mais bon sang, un roman est crédible et vivant s’il est écrit en langue locale !

 

C’est suite à cette réflexion ( nombrilisme parisien, pas de doute)  que je me suis dit que, celui-là, je l’achèterais.

 

De plus, quand j’ai appris qu’il se passait aux alentours du lac Masson *, il n’y avait plus de doute, je le lirais.

 

Bon, ça, c’est le préambule. Ce que tu attends, c’est un avis de ma part non ?

 

Eh bien, j’ai lu le livre en 2 jours (bon, je suis retraité, d’accord). Mais il me plaisait bien. C’est vrai qu’on y parle plus Québécois que Français de Paris. C’est tant mieux : on s’y croirait. J’ai lu les remerciements de l’auteur, je veux bien le croire : il a fait relire par des personnes  du cru.  Entre nous, n’oublie pas que j’avais fait une remarque à Armel Job quant à ses expressions traduites en Français du wallon  dans la malédiction de l’abbé Choiron)

 

L’histoire est gentillette, proche de Levy ou Musso, si tu vois ce que je veux dire. Ça pourrait donner un bon petit film américain du nord aussi.  Style « l’amour dans de beaux draps » (sibling rivalry en VO). J’ai bien aimé certains Levy d’ailleurs, quand on se laisse prendre par l’histoire, dans un transat’ en vacances.

 

Le moins bon, c’est que la fin me laisse sur la mienne. Drôle de phrase : relis, tu comprendras J.

 

J’ai l’impression que Jardin s’essouffle. Il semble bâcler les dernières pages. Je n’ai même pas eu les larmes aux yeux, ou la gorge sèche ; c’est un signe !

 
  • Sainte-Marguerite du Lac Masson : lieu où est née Chantal qui a tenu le café « la Belle Province » à Bossière. Chantal était LA Québécoise avec son accent, ses expressions, sa joie de vivre. Elle a remis son commerce suite à une divergence de vue avec le propriétaire des lieux.

Jacquy.

Grasset, Romans

« L’éveil de mademoiselle Prim », Natalia Sanmartin Fenollera, Grasset

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Prudence Prim, jeune femme intelligente et bardée de diplômes, est attirée par une petite annonce recrutant une bibliothécaire pour faire du rangement dans celle d’un « gentleman » vivant avec enfants et chiens. Elle arrive à son grand étonnement dans un charmant village vivant en marge de la société moderne. Les parents, par exemple, donnent cours aux enfants en fonction de leurs connaissances, les auteurs grecs et latins étant privilégiés aux auteurs contemporains. La communauté essaie de vivre en autarcie et prône certaines idées qui heurtent mademoiselle Prim, habituée à une vie plus moderne.  Il s’en suit entre cette jeune femme et son patron, l’homme au fauteuil ainsi qu’il est dénommé dans le livre, de nombreuses discussions parfois houleuses car les points de vue ne sont pas les mêmes.

Une histoire bien agréable qui ne va pas jusqu’à l’histoire d’amour, comme on le craint à certains moments, mais qui nous donnent à réfléchir sur notre société hyper moderne qui passe peut-être à côté de l’essentiel. Les personnages sont attachants même si celui de Prudence Prim, à certains moments, énerve quelques fois par son côté un peu trop rigide.

Un livre à lire au coin du feu pour se délasser tout en apprenant quelques mots de vocabulaire au passage et qui donne aussi l’envie de se faire une liste de lectures.

 

Grasset

« Le quatrième mur », Sorj Chalandon, Grasset

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Sorj Chalandon nous offre à nouveau un livre magnifique et pourtant sur un thème de guerre encore une fois.

Le narrateur, Georges, activiste de gauche durant les années 68-73 en France, fait la promesse à son ami, Samuel, metteur en scène de monter Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth durant la guerre du Liban.

Nous en sommes en 1982 et Samuel, grec de confession juive rêve d’une trêve de deux heures pour jouer cette pièce avec un acteur de chaque camp, chrétien, druze, palestinien, shiite et sunnite. Incapable de réaliser son rêve, Georges va prendre la relève et découvrir un pays où chaque communauté est magnifique mais n’arrive pas à s’entendre avec l’autre.

Malgré toute la bonne volonté, Georges n’arrivera pas à imposer cette trêve et va être happé par la guerre.

J’ai refermé ce livre complètement bouleversée.

Un futur prix littéraire de cet automne assurément. => Il a reçu le prix Goncourt des lycéens.

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Grasset

Une place à prendre, J.K. Rowling, Grasset

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Fan d’Harry Potter et intriguée par les critiques assez virulentes contre ce livre, je me suis plongée dedans.

Malgré un début difficile dû à la description en chaîne des personnages du livre, j’ai accroché à l’histoire.

Un joli village anglais s’est vu imposé la construction d’une cité sociale à ses frontières et depuis lors plus rien n’est pareil à Pagford. Le conseil paroissial doit accepter de voir des citoyens peu « reluisants » arpenter leurs jolies petites rues pour aller au centre de désintoxication et des enfants mal élevés s’asseoir aux mêmes bancs que leurs chérubins. Mais un membre influent et pro-cité vient à mourir et c’est l’occasion pour tout ce petit village d’essayer de placer à ce siège un « anti-cité ».

La description des personnages est vraiment un point fort de Rowling et même si le côté social du livre n’est pas spécialement amusant, j’ai été touchée par le roman.

Oui il y a quelques longueurs et tout n’est pas toujours subtil mais après sept tomes de Harry Potter, je trouve personnellement que J.K. Rowling a été très courageuse de se remettre à écrire quelque chose d’absolument différent. On l’attendait au tournant, je trouve qu’il n’est pas si mal pris.

Actualité et animations, Grasset, Livre de poche

Triste nouvelle

Jacqueline Harpman est décédée aujourd’hui. Psychanalyste et auteure belge bien connue, elle nous laisse une très belle oeuvre dont  « La plage d’Ostende », « Orlando », « En toute impunité », « Moi qui n’ai pas connu les hommes ». Ce roman est sans doute celui qui m’a le plus marquée en tant que lectrice.

Je l’avais reçue au Collège Saint-Guibert en 2004 lors d’une très agréable après-midi durant laquelle nous avions parlé du livre « Le passage des éphémères » édité chez Grasset.

Pour une biographie plus complète je vous renvoie à l’article du Vif l’Express.

Et si vous n’avez jamais rien lu d’elle je vous invite à le faire.

 

Laurence

 

 

 

Grasset, Romans

Retour à Killybegs, Sorj Chalandon

auteur français, grasset, rentrée 2011, roman

Sorj Chalandon est un auteur attachant, il y a quelques années nous vous avions certainement recommandé « Le petit Bonzi » ou « Une promesse » tous deux édités chez Grasset et désormais en Livre de poche. Il a également édité « Mon traitre » et « La légende de nos pères », romans que je n’ai pas lus mais dont on dit beaucoup de bien.

Lors de la présentation des nouveautés Grasset en juin, Sorj Chalandon était présent. En parlant de son roman, il avait les larmes aux yeux car il parle d’une histoire d’amitié trahie. Sujet déjà évoqué dans « Mon traitre » mais ici son but était de se mettre à la place de son ami et d’essayer de comprendre pourquoi il a fait ça et ce qu’il pouvait ressentir en trahissant ses amis, son peuple, sa cause.

Nous suivons donc Tyrone Meehan dans les méandres de la guerre d’indépendance d’Irlande depuis son enfance dans les années 30 jusqu’en 2006, année où l’accord de paix entre IRA et le Royaume-Uni a été signé. Ce livre parle donc de cette guerre et nous en rappelle les évènements marquants depuis l’Insurrection de Pâques 1916, en passant par les attentats perpétrés de part et d’autre de la frontière entre l’Irlande du Nord et la république d’Irlande ou encore la mort des grévistes de la faim en 1981.

Au travers d’un journal que Tyrone aurait tenu durant les derniers jours de sa vie, les sentiments ambivalents du traitre se font jours. Comment se regarder dans une glace quand sa femme et ses amis le prennent pour un grand héros alors que lui va raconter les projets de l’IRA à l’ennemi. Peut-il réellement protéger les combattants de l’IRA en les dénonçant? Peut-on trahir en y mettant des conditions?

Ce roman nous engouffre dans cette guerre de religion violente qui s’est terminée récemment mais dont des soubresauts nous arrivent encore aux oreilles lorsque les marches orangistes traversent certains quartiers de Belfast en été.

Un roman à lire sans aucun doute.

Laurence