Monsieur Toussaint Louverture, Romans

Anne de Green Gables, Lucy Maud Montgomery, Monsieur Toussaint Louverture

Anne… la Maison aux pignons verts… Je pense que Laurence me parle de ce livre et de sa jeune héroïne depuis que je suis arrivée à la librairie. Monsieur Toussaint Louverture ayant eu la bonne idée de proposer une nouvelle traduction de ce texte dans une magnifique édition, la tentation était grande de m’y plonger. J’ai bien résisté un peu, mais une consœur s’étant jointe au chœur de louanges envers la petite Anne de Green Gables (le titre de l’actuelle version), j’ai évidemment fini par céder. Et quel bonheur ! Si vous n’avez pas encore fait sa connaissance, il est grand temps la rencontrer !

Marilla Cuthbert et son frère Matthew sont un couple de paysans vieillissants. Quand une de leur connaissance se rend à l’orphelinat pour adopter un enfant, ils lui demandent de leur ramener un orphelin : un garçon robuste pour les aider à la ferme. Quelle surprise et quelle déconvenue quand Matthew découvre à la gare une frêle gamine. Et pourtant, il ne faudra qu’un trajet en calèche jusqu’à Green Gables pour que le vieux célibataire effarouché par la gent féminine, et encore plus par les petites filles, ne soit charmé par le babillage incessant de ce drôle de phénomène. Marilla sera plus difficile à convaincre, mais sous ses airs peu accommodants, elle aussi se laissera rapidement attendrir par Anne (avec un E, s’il vous plaît).

Anne pose sur le monde un regard émerveillé, passe des peines les plus profondes aux joies les plus élevées en un quart de seconde, elle accumule les bêtises avec une candeur touchante, elle n’a rien et possède pourtant la plus grande des richesses : une imagination sans limite.

Lire Anne de Green Gables, c’est comme plonger dans un tableau à la craie droit sorti de Mary Poppins, c’est magique, lumineux, réconfortant. D’ailleurs, si ma lecture fut longue dans le temps, c’est sans aucun doute pour avoir le plaisir de faire durer le plaisir de ces joyeux rendez-vous.

Alors, quand viendrez-vous faire connaissance avec Anne ? Elle a tant de choses à vous raconter et tant de joie à vous apporter !

A noter : le tome 2, Anne d’Avonlea est déjà disponible et le tome 3 paraîtra dans quelques mois.

Nadège

Julliard, littérature française, Romans

Le dernier enfant, Philippe Besson, Julliard

« Elle le détaille alors qu’il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d’une beauté qui continue de l’époustoufler, de la gonfler d’orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu’elle s’était juré de se l’interdire, qu’elle s’était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu’elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un hoquet, un sanglot : c’est la dernière fois qu’il apparaît ainsi, c’est le dernier matin. Et immanquablement, elle renvoyée à tous les matins qui ont précédés, ceux des balbutiements et ceux de l’affirmation… »

Théo 18 ans, part s’installer dans un studio à 40km de la maison familiale pour commencer ses études supérieures. C’est dimanche matin, et Anne-Marie, sa maman, va vivre la journée, sans doute, la plus éprouvante de sa vie. Tout au long de cette journée, nous serons dans ses pensées, ses émotions, ses réflexions sur les petits riens du quotidien qui seront les dernières fois en famille car le petit dernier quitte le nid.

D’autres personnages gravitent autour de ces deux-là, Patrick d’abord, mari et père, un peu bourru mais bienveillant et sans doute, bien plus touché qu’il ne veut le montrer à sa femme et son fils.

La voisine, Françoise, qui essaie de consoler son amie mais dont les platitudes ne font qu’accentuer la douleur.

Tout l’art de Philippe Besson est de sonder l’âme de cette mère de famille et d’en faire un modèle touchant de vérité. Il a bien compris combien il est difficile pour une mère de se retrouver démunie quand toute sa vie a tourné autour de ses enfants et que désormais, ceux-ci n’ont plus besoin d’elle.

La Peuplade, Romans

La garçonnière – Mylène Bouchard – La Peuplade

« Mais il n’y a dans le monde que des choses gâchées, au milieu d’une magnificence impossible à saisir », écrit André Dhôtel dans Les rues dans l’aurore). L’amour impossible que raconte Mylène Bouchard dans ce très beau roman en es une – de chose gâchée, et tout à la fois de magnificence insaisissable.

Mara et Hubert se rencontrent à Montréal. C’est un coup de foudre, d’un genre particulier : un instant qui révèle et engendre une évidence, une reconnaissance, une nécessité, et qui se situe sur un autre plan que l’amour ou l’amitié entendus dans un sens commun et restreint. Pendant quelques années de fraternité amoureuse, ils vivront côte à côte, complices et intimement liés, d’abord par l’esprit et le cœur, puis par le corps, mais jamais ensemble, comme s’ils restaient à la lisière de l’amour …

Si cet amour est impossible, ce n’est pas pour les raisons habituelles – familles ennemies, milieux sociaux différents, éloignement géographique … – mais pour des motifs qui, sans être pleinement élucidés – Mylène Bouchard évite l’analyse, psychologique ou sociologique – rappellent, dans ce qu’on peut en saisir, certaines réflexions contemporaines sur l’amour : une incapacité, un refus, chez Mara, de choisir et d’inclure – au sens fort : clore, dans – Hubert, c’est-à-dire de renoncer et d’exclure les autres hommes, les autres possibles. Chez Hubert, des maladresses, des débordements épistolaires, des lubies. Peut-être aussi que cette « incomplétude bête » était « fatidique parce que ».

Tout au long du roman, Mylène Bouchard interroge les complexités, les paradoxes et les fluctuances de cet amour-là – de toutes les amours – ; les frontières poreuses et floues entre l’amour et l’amitié, et les définitions tout aussi vagues de l’un et de l’autre. Elle le fait à travers les points de vue de trois narrateurs : tantôt Mara, tantôt Hubert, tantôt un narrateur extérieur, et l’ensemble, empreint de nuance et de finesse, reste sans réponse ni conclusion – sans doute parce qu’il n’y en a pas. Je ne sais s’il s’agit là d’une manière originale de dire l’amour – peut-être le sont-elles toutes, ou aucune – mais c’est une façon qui sonne juste, qui émeut et passionne autant qu’elle questionne et donne à penser.

La structure du roman, quant à elle, est singulière sans conteste : entre le prologue et l’épilogue, deux parties inégales divisées en chapitres : neuf pour la première, trois pour la seconde – peut-être parce qu’alors les jeux sont faits. Cette structure installe des rythmes changeants, par une alternance entre des passages denses et d’autres clairsemés, entre des pages remplies et d’autres presque vides, comme pour figurer à la fois la densité de ce drôle d’amour et les non-dits, les silences, les espaces et les béances entre les amants – et peut-être aussi les pages de leur histoire qu’ils auraient pu ou dû écrire, mais qui sont restées vierges. Le rythme varie enfin au gré des phrases, tantôt très courtes, tantôt plus longues, avec çà et là des moments de saturation, presque de vertige. 

Cette manière d’investir et d’aménager l’espace du livre manifeste l’importance que la géographie, le territoire et les trajectoires prennent dans cette histoire, que ce soit à travers l’ancrage des protagonistes dans une terre natale qu’ils n’auront de cesse de quitter et de retrouver, tant elle est profondément inscrite en eux, leur rêve d’un chemin de fer qui relierait leurs régions, ou encore la garçonnière, ce lieu qui matérialise à la fois l’acmé et l’impossibilité de leur amour, son inaccomplissement : une petite cellule cubique en bord de mer, à Maameltein, près de Beyrouth, où les amants passent quelques jours d’amour fou, comme si cet amour – l’amour ? – ne pouvait se vivre que dans un lieu qui tient de la cabane, un lieu, et un temps, clos et hors le monde …

C’est un roman plein de force et d’ardeur – et de tristesse aussi. Cela tient à l’histoire mais aussi à l’écriture de Mylène Bouchard. Sa sobriété, où l’on sent un travail d’épure, donne une ampleur retenue, une puissance contenue, aux mots des narrateurs, en particulier dans l’expression des sentiments et des émotions, plus intenses et poignants de n’être pas emphatiques. Son style, par moments presque télégraphique, a quelque chose de brut, de péremptoire : ce qui est et ce qui a eu lieu est énoncé tel quel, sans détour ni atour. Certaines notations, pointillistes, sont comme des métonymies inversées : ces mots et fragments de phrases, isolés en liste, ont une grande puissance évocatoire et portent en eux, replié dans leurs syllabes, aussi bien tout ce qui a été que ce qui n’a pas été et ne sera jamais, et qui suggère que « Les amours impossibles existent pour enseigner l’amour. Pour bien aimer, il faut parfois apprendre comment ne pas aimer. »

L'iconoclaste, littérature française, Romans

Liv Maria, de Julia Kerninon, éd. L’iconoclaste

Sorti en septembre 2020, je m’étais promise de lire ce roman mais je n’en avais pas encore eu le temps. Voilà qui est fait et je ne le regrette pas. J’étais certaine de sa qualité pour avoir eu l’occasion d’écouteur l’autrice en parler lors d’un visio-conférence en août. Mais pour certains livres, il est difficile cependant de convaincre le chaland quand on n’a pas eu l’occasion de les lire.

Maintenant je pourrai, en toute connaissance de cause, dire que ce livre est puissant comme le personnage central du roman, Liv Maria.

La question qui traverse cette histoire est « Qui sommes-nous exactement ? » L’enfant de nos parents et de leur histoire respective avec toutes les conséquences que cela peut avoir, surtout s’il y a des non-dits. Puis la somme de toutes nos expériences de vie avec les autres, amoureux, oncles, tantes, amis. Toutes ces expériences nous conditionnent et quoi qu’il arrive, que l’on y pense ou qu’on les enfouisse, elles peuvent nous hanter ou remonter à la surface sans crier gare.

Quand elle rencontre son mari, Liv Maria a déjà eu mille vies, a voyagé mais surtout a vécu une histoire d’amour fondamentale à la sortie de l’adolescence qui l’a façonnée même si elle n’y pense plus très souvent.

Cette femme forte s’est aussi construite grâce à l’amour de ses parents trop tôt disparus; le père lui a donné l’amour de la littérature et le don des langues, la mère lui a donné une force mentale incroyable. Et tout cela tout à coup est au bord de l’effondrement, parce que les secrets ne sont jamais facile à porter.

Un roman magnifique, envoûtant, à l’écriture simple mais tellement juste.

Laurence

L'Olivier, Romans

Un papillon, un scarabée, une rose – Aimée Bender – L’Olivier

Francie est une petite fille presque comme les autres ; elle a une mère pas du tout comme les autres. Un jour, celle-ci installe partout dans leur appartement des petits magnétophones, qu’elle cache sous des tentes de papier qui ne dupent personne …  C’est la bizarrerie de trop : la jeune femme, psychotique, sera désormais prise en charge par une institution, et Francie, qui a huit ans, ira vivre chez sa tante, la sœur de sa mère, qui vient d’accoucher de Vicky. Elles seront élevées comme des sœurs.

Ce n’est pas un livre sur la psychose, ni sur la vie en institution psychiatrique, ni même sur la cohabitation dans une famille qui n’est pas tout à fait la vôtre, ou sur le fait de grandir loin de sa mère – quoi qu’il soit aussi question de tout cela. C’est un livre qui parle de transformation et d’émancipation, de compréhension et de pardon, d’éclosion et d’épanouissement, de singularité habitée et assumée.

Car singulière, Francie l’est aussi, foncièrement, mais d’une autre façon que sa mère : plus discrète et moins embarrassante. Une fois adulte, alors qu’elle a un travail – qui ne lui déplaît pas plus qu’il ne lui plaît –, un appartement, une passion – chiner dans les vide-greniers, rendre aux objets leur éclat et les revendre – et une vie sociale conventionnelle – des activités divertissantes le weekend, avec des connaissances qu’elle ne déteste ni n’aime vraiment … – des images de son enfance remontent des limbes de sa mémoire et se colorent d’une lueur aussi éclatante que mystérieuse. Elles deviennent en enjeu existentiel et l’objet de sa quête : Francie se plonge dans ses souvenirs pour élucider les journées lointaines où ont surgi, inopinés et inoubliables, le papillon, le scarabée, la rose. Ce faisant, elle se tisse peu à peu une vie qui lui ressemble, une vie où elle cesse d’essayer de correspondre à une norme et de marcher sur des chemins balisés.

Rien ne sera élucidé, dans les va-et-vient entre le présent et le passé qui rythment le roman : on ne saura pas ce que sont ces images : des hallucinations, les signes ténus d’une folie dont les médecins ne trouvent aucune trace dans les examens auxquels se prête une Francie inquiète et perplexe, des métaphores … ? On l’ignore – et d’ailleurs l’essentiel n’est pas là : il est dans l’exploration de ces images et de leur histoire, pas dans leur nature ou leur définition, ainsi que dans la trame qu’elles tissent en Francie, et dont les reflets enluminent son existence.

Tout cela fait d’Un papillon, un scarabée, une rose, un roman lumineux dont il émane une grâce subtile pénétrante. Il est empreint d’une sensibilité vive et fine, mais aussi de fantaisie et de merveilleux, et Aimée Bender y déploie une écriture simple, fluide et légère. Enfin, on s’attache dès les premières pages à cette enfant singulière, ainsi qu’à sa quête, qui résonne profondément en nous : ne sommes-nous pas, nous aussi, hanté(e)s par des images inoubliables et impérissables, essentielles et fondatrices ?

JC Lattès, Romans

L’homme qui dépeuplait les collines, Alain Lallemand, JCLattès

Pendant le confinement, j’ai lu pas mal de romans dont celui du journaliste Alain Lallemand qui travaille au journal Le Soir. On sent que l’auteur a l’expérience des grands reportages et il nous en fait bénéficier dans ce roman qui évoque une région d’Afrique très tourmentée, le Kivu à l’est de la République démocratique du Congo. Le lecteur voyagera entre cette région et l’Europe car il suivra deux enquêtes en parallèle. Celle, en Europe, d’un groupe de journalistes désireux de révéler les exactions d’un président congolais qui connaît tous les moyens pour bien cacher celles-ci et de l’autre, l’enquête d’un tout jeune ingénieur des mines français mais d’origine burundaise qui, avec l’aide d’une jeune femme membre d’une ONG, essaie de comprendre pourquoi des mines anti-personnelles explosent et tuent de jeunes mineurs innocents.

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L’intrigue, bien ficelée, ne s’arrête pas à une simple enquête rondement menée car l’auteur crée des personnages crédibles pourvus d’une histoire qui nous est révélée peu à peu et qui nous permet une empathie complète avec eux.

Du grand art !

Et une bonne idée pour la fête des père !

album de jeunesse, Deux coqs d'or, Gallimard, Helium, Kaléidoscope, Litttérature de jeunesse, Nathan, Romans, Sarbacane

19 février : Journée internationale de la baleine

Le 19 février est la journée internationale de la baleine. Petite sélection d’ouvrages sur le sujet !

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Qui dit baleine en littérature, pense d’office à Moby Dick ! Le chef d’œuvre d’Herman Melville est paru dernièrement dans une magnifique édition illustrée par le talentueux Anton Limoaev. Embarquez sans tarder avec le capitaine Achab à la poursuite de la baleine blanche la plus célèbre du monde !

Moby Dick, Herman Melville, illustré par Anton Lomaev, éditions Sarbacane.

 

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Pawana signifie « baleine » en langue nattick indienne. Dans ce court récit, J.M.G. Le Clézio fait découvrir aux petits – et aux grands – lecteurs la figure de Charles Melville Scammon qui, après une vie à chasser les baleines, regretta ses actes et voua sa vie à la sauvegarde d’une espèce qu’il avait mis tant de hargne et de cruauté à exterminer.

 

Pawana, J.M.G. Le Clézio, Folio Junior.

 

 

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Baleine rouge, Michelle Montmoulineix, éditions Helium.

 

Delphine vit seule avec son père. De sa mère, soudainement envolée au Québec, elle a gardé l’amour de l’océan. Quand son père lui propose des « vacances-à-la-mer-rien-que-nous-deux », Delphine ne saute pas de joie, mais la perspective de ce séjour la réjouit intérieurement et l’apaise. C’est sans compter l’irruption de Miss Lulu dans la vie de son père et dans ce projet estival. Pour échapper aux roucoulements de son père et sa nouvelle compagne, Delphine passe le temps sur la plage. C’est là qu’elle croise une vieille dame étrange qui, chaque jour, quelle que soit la saison, vient nager dans la mer. Intriguée, Delphine cherche à savoir qui est cette femme. Grâce à Thomas, un jeune garçon de son âge, elle fait la connaissance de Léandre, un vieux pêcheur. Celui-ci accepte de leur raconter l’histoire de Marina. Tout commence un siècle plus tôt sur un bateau où un jeune mousse violoniste prénommé Eliaz devint charmeur de baleine…

 

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Une escargote de mer rêve de voir le monde, mais comment faire quand on est si petite et que l’océan est si grand ? Futée, elle décide de laisser un message sur un rocher. Un jour, une baleine passe par là et l’emmène en voyage…

La Baleine et l’Escargote, Julia Donaldson et Axel Scheffler, Gallimard Jeunesse

 

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Le voyage d’une petite baleine et de sa maman, des mers du Sud où elle est née aux eaux poissonneuses du Nord.

Petite Baleine, Jo Weaver, Kaléidoscope.

 

 

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Un livre d’activités à destination des petits pour découvrir l’épisode de la Bible mettant en scène les aventures de Jonas.

Mon livre d’autocollants. Jonas et la baleine, Deux coqs d’or.

 

Et pour en apprendre plus sur les baleines, deux documentaires : Kididoc Dauphins et baleines, chez Nathan (à partir de 5 ans) et Baleines et dauphins, chez Gallimard (à partir de 9 ans).

 

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Livre de poche, Romans

La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette, Livre de Poche

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Tu as fait un trou dans ma mère et c’est moi qui le comblerai.

 

Cette phrase, comme un coup de poing, est écrite par Anaïs-Barbeau-Lavalette et s’adresse à Suzanne Meloche, la grand-mère qu’elle n’a jamais connue, à peine croisée. La première fois, Anaïs Barbeau-Lavalette était naissante ; la deuxième, la petite fille observe une femme déposer une enveloppe dans la boîte aux lettres familiale ; la troisième et dernière fois, la jeune femme se laisse entraîner par sa mère à rendre une visite impromptue à Suzanne qui les laisse entrer un peu malgré elle.

Quelle surprise, donc, d’apprendre que Suzanne Meloche a inscrit sur son testament ses enfants et petits-enfants qu’elle n’a jamais voulu connaître. Anaïs Barbeau-Lavalette se retrouve à vider la maison de cette grand-mère qu’elle n’a pas appris à aimer et c’est en tombant sur la photo d’une femme qui lui ressemble, à genoux, entourée d’un groupe de jeunes Noirs et Blancs, et portant la légende  « Freedom riders, political protest against segregation » qu’elle commence à s’interroger sur ce personnage.

A partir de cette image, l’auteure part en quête de cette femme qui a fui toute sa vie le moindre attachement et qui, pourtant, n’a jamais cessé de chercher à « faire partie » d’une communauté. En arrivant à Montréal, elle fera, entre autres, la connaissance de Claude Gauvreau (poète, dramaturge), Paul-Emile Borduas (peintre, sculpteur) et Marcel Barbeau (peintre) qu’elle épousera et avec lequel elle aura deux enfants – Mousse (la mère d’Anaïs) et François – qu’elle abandonnera. Suivront des années d’errance, de fuite, comme un mouvement implacable, une impossibilité à se fixer, à rester, à s’investir dans une relation.

Anaïs Barbeau-Lavalette dessine le portrait d’une femme étrange, filante, glissante. Une femme qui échappe sans cesse, une femme qui semble, par-dessus tout, avoir peur de se perdre. Peur de se laisser toucher, envahir. Une femme qu’on ne peut comprendre, mais qui apparaît tout en nuances, en hésitations. Qui s’empresse de partir en courant dès qu’elle fait un pas en avant vers ceux qui l’attendent, ceux qui voudraient la garder près d’eux. Comme un oiseau qui craindrait de voir se refermer sur lui une cage dorée, qu’il souhaite et fuit à tire d’aile aussi vite.

La femme qui fuit, Anaïs Barbeau-Lavalette, Livre de Poche

Actes Sud, Romans

Imaginer la pluie, Santiago pajares, Actes Sud

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Il s’appelle Ionah, « colombe ». De colombe, il n’en a jamais vu. De pluie, non plus. Sa mère, elle, a vu l’eau tomber du ciel. Avant. Avant que tout change. Avant que le monde ne soit détruit par les hommes, assoiffés d’envies toujours inassouvies.

La mère ne lui parle pas du passé. On ne regrette pas ce qu’on ne connaît pas, dit-elle. Leur monde, aujourd’hui, c’est le désert, leur appentis, un potager, un puits et un palmier.

Alors, elle lui apprend à se battre. Pour survivre dans le désert. Pour poursuivre son chemin, après. Après elle.

Il s’appelle Ionah. Il est seul. Au milieu du désert. Il imagine la pluie. Il imagine le monde, avant. Et il se bat. Mais peut-on passer sa vie à survivre ? Peut-on passer sa vie loin de toute autre vie ? Et s’il fallait un jour tracer son propre chemin vers l’humanité ? Imaginer. Rencontrer. Réinventer.

Santiago Pajares s’inspire du Petit Prince de Saint-Exupéry pour s’interroger sur notre société et les risques que nous prenons à désirer toujours plus en oubliant l’essentiel. Mais qu’est-ce que l’essentiel ? C’est toute la réflexion de ce très beau roman.

Actes Sud, Actualité et animations, Albin Michel, Gallimard, JC Lattès, Les Escales, Nadine Monfils, Pierre Guillaume De Roux, poche, Pocket, Policier - thriller, Romans, Stock, Viviane Hamy

Notre sélection de romans pour la fête des mères !

Nous avons fait une petite sélection de romans parus récemment et qui pourraient plaire à votre maman !

Il y en a pour tous les goûts !

Parmi ceux-ci, il y a ceux pour lesquels nous avons déjà fait un billet sur ce blog:

Pour les mamans qui aiment les romans d’amour et d’aventures !

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Dont vous pouvez trouver le commentaire de Nadège ici

 

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Un très beau roman d’une auteure que j’aime beaucoup ; je vous ai déjà présenté deux romans d’elle, dont Providence qui m’avait beaucoup émue. J’écrirai une petite note de lecture prochainement pour ce nouveau roman paru chez JCLattès en janvier.

 

Pour les mamans qui aiment les romans noirs !

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un roman noir dont nous vous conseillons la lecture ici. POUR RAPPEL, nous recevons l’auteure le mardi 30 mai à 19h30.

 

L’attente a été longue mais le voilà enfin, le nouveau roman de Fred Vargas !

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Dans les nouveautés, nous avons encore ceci :

 

Pour les mamans qui aiment voyager 

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Magique : le nouveau roman de Victoria Hislop nous entraîne en Grèce sur les traces d’un amour perdu. Richement illustré, Cartes postales de Grèce fait chatoyer les couleurs de la Méditerranée. Dans sa boîte aux lettres, Ellie trouve, semaine après semaine, des cartes postales signées d’une simple initiale : A. Ces cartes ne lui sont pourtant pas destinées. Pourquoi lui parviennent-elles ? Qui est l’expéditeur ? Mystère. Portant l’éclat du ciel grec et l’eau cristalline de la mer, ces missives sortent la jeune femme de sa morosité quotidienne.
Un jour, elles cessent cependant d’arriver. Ellie se sent délaissée, privée de cette bouffée d’oxygène qui la faisait rêver et voyager. Elle prend alors une décision : découvrir ce pays par elle-même. Le matin de son départ, Ellie reçoit un carnet par la poste. L’odyssée d’un homme, le fameux A, y est racontée. Celui-ci observe avec tendresse et générosité les Grecs, leurs coutumes, et ce qui fait le sel de leur quotidien.
Derrière ses observations et ses savoureuses anecdotes se dessine le portrait d’un homme blessé. Pourrait-il encore croire en l’amour ?

 

Pour les mamans qui aiment l’humour déjanté et un peu noir !

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Nadine Monfils est une artiste belge iconoclaste. Auteur de plus de 60 romans, elle a été l’une des premières femmes publiée à la « Série Noire ». Elle a aussi écrit et réalisé un long-métrage, Madame Edouard, avec un casting prestigieux. Elle a reçu de nombreux prix dont le prix Polar au salon Polar & Co de Cognac et le prix Saint-Maur en poche, de la Griffe Noire, pour l’ensemble de son oeuvre. Après Mémé Cornemuse, héroïne récurrente dont la première aventure a connu un immense succès en librairie, Nadine invente un nouveau personnage barré, promis à de nombreuses aventures, Elvis Cadillac.

 

Pour les mamans qui aiment les animaux !

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Et si maman n’a pas encore lu le premier tome de Jules, il vient de passer en poche !

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Jules, c’est un chien pas comme les autres puisqu’il est guide pour aveugle. Une belle histoire comme sait nous les conter Didier van Cauwelaert !

 

 Pour les mamans qui n’ont pas beaucoup de temps mais qui aiment lire un peu le soir

voici deux recueils de nouvelles :

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À  la question « Êtes-vous mariée? » l’auteure du «Mec de la tombe d’à côté» clame volontiers : « Je suis entre deux mariages… » Ces «Petites histoires» pleines de malice et de dérision vous le diront, on a toujours mille et une raisons de divorcer – ou de le regretter !

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Michel Lambert nous fait pénétrer à nouveau dans l’univers chancelant des couples ou des compagnons de route improbables, des secrets douloureux à retardement, des derniers pas que promènent, au fil d’un poignant chant du cygne, ceux qui ne pourront plus jamais se retrouver comme avant, dans l’illusion ou le fantasme, soudain surpris par l’éternel lendemain et sa lumière trop forte et trop blanche.

Un auteur que j’aime beaucoup et qui est déjà venu quelques fois à la librairie: c’est ici pour les détails.

 

 Pour les mamans qui préfèrent les poches.

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Pour les mamans qui aiment les suspenses.

Eté 1989. La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Sur cette route de corniche, au-dessus d’un ravin de vingt mètres, une voiture route trop vite et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère n’ont pas eu la même chance. Eté 2016. Clotilde revient pour la première fois sur les lieux du drame, accompagnée de son mari et de sa fille adolescente.
Elle veut profiter de ces vacances pour exorciser le passé. C’est au camping dans lequel elle a vécu son dernier été avec ses parents que l’attend une lettre… de sa mère. Vivante ?

 

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Devant leur petit garçon, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir et la fantaisie. Celle qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible. Elle les entraîne dans un tourbillon de poésie pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Pour les mamans qui aiment les histoires d’amour.