Folio, J'ai lu, Littérature étrangère, littérature belge, littérature française, Livre de poche, poche, Romans

Quelques sorties « poche » à découvrir !

Coup de cœur de Nadège

Une vieille dame doit pour la première fois de sa vie abandonner la maison où elle a grandi, où elle a vécu. Cette maison, elle l’a dans l’a peau et lui a consacré sa vie entière. Alors qu’elle est contrainte de la quitter, elle revisite ses souvenirs au fil des saisons et des années. Perrine Trippier réussit un coup de maître avec ce roman d’une grande sensibilité, écrit dans une langue superbe.

Coup de cœur de Laurence

Clara est coiffeuse. Elle mène une vie banale et sans couleur, jusqu’au jour où un client oublie un livre de Proust sur la tablette du salon où elle travaille. Clara l’emporte et, lorsqu’elle s’y plonge quelques mois plu tard, c’est une révélation qui va l’emmener vers de nouveaux horizons.

Coup de cœur de Nadège

« Vers le paradis », ce sont trois romans en un ! Ce qui les relie ? Une maison à Washington Square, entre autres.

Yanaghiara maîtrise intelligemment son (ses) récit(s), interrogeant avec finesse l’avenir de nos sociétés et des libertés individuelles. Elle n’hésite pas non plus à déstabiliser le lecteur en bousculant ses attentes. Un grand roman à découvrir.

Elsa rêve d’étudier le chant à Milan, mais son père, élevé dans une société italienne patriarcale, n’y est pas favorable, d’autant plus qu’il ne dispose pas des moyens financiers nécessaires. Par ailleurs, une bactérie qui décime son oliveraie le préoccupe. Heureusement, Rafaella, la grand-mère d’Elsa, la soutient et lui fournit les fonds pour réaliser ce projet. Mais d’où vient cet argent ? Que comptait-elle en faire ? Découvrez le récit de Rafaella et l’histoire d’Elsa dans ce nouveau roman de Christiana Moreau, récemment paru en poche.

Grasset, littérature française, Rentrée littéraire, Romans

Coup de cœur de rentrée : A ma sœur et unique, Guy Boley, Grasset

Elisabeth Förster-Nietzsche est la sœur du célèbre philosophe. Entre eux, c’est l’amour fusionnel jusqu’à la rupture, aux retrouvailles et à la trahison. Elisabeth, diablesse opportuniste, est à la fois celle qui permettra la diffusion de l’œuvre de Nietzsche tout en n’hésitant pas la modifier, voire à la dévoyer. Nul besoin de connaître Nietzsche pour s’intéresser à cette histoire : amateurs de littérature et de belles écritures, vous savourerez la plume de Guy Boley.

Extrait :

Puis l’orage, épuisé, s’assied au sommet d’une colline, pose sa tête entre ses mains, essaie de reprendre son souffle, respire à pleins poumons et tente d’apaiser les battements de son cœur en expirant lentement tout l’air accumulé. Les chevaux de la foudre font tonner leurs sabots ; hennissent encore un brin et crachent par leurs naseaux de petits jets de brume, mais plus personne ne croit à leurs colères stériles. Déjà les blés, ruisselants d’eau, relèvent la tête et recoiffent leurs épis ; les corolles s’ébrouent ; tuiles et chéneaux cessent de sangloter. Et les hommes de quitter ces abris provisoires qu’à la hâte tout un chacun s’était trouvés, et d’allumer une pipe pour faire, à leur tour, de petits nuages blancs, bleus, avec entre leurs lèvres, en direction des cieux, un léger sourire d’effronterie. (p. 73)

Nadège

10/18, Albin Michel, L'Olivier, Littérature étrangère, littérature française, Romans

Cocktail estival : Histoire, humour et mystère

Le médecin de Cape Town, E. J. Levy, L’Olivier

Inspiré de la véritable histoire de Margaret Bulkley qui au 19ème siècle fut travestie dès son adolescence afin de suivre des études de médecine et vécu toute sa vie sous l’identité masculine du docteur James Barry, ce roman est à la fois un récit intime et une véritable aventure : si son secret était découvert, « le médecin de Cape Town » serait triplement menacé de mort pour travestissement, exercice illégal de la médecine par une femme, qui plus est au sein de l’armée. Une vie fascinante dont E. J. Levy s’est emparée avec brio. A noter, en fin d’ouvrage, un commentaire précisant ce qui relève des faits historiques et les événements modifiés pour le roman. Une excellente lecture pour les vacances !

Drame de pique, Sophie Hénaff, Albin Michel

Envie de légèreté et d’humour ? (Re)plongez-vous dans la série des « Poulets grillés » de Sophie Hénaff : une bande de bras cassés à qui l’on confie les dossiers les plus calamiteux, tout en les dépossédant des moyens les plus élémentaires pour les résoudre. Dans ce quatrième tome, la brigade est plus oubliée que jamais quand un nouveau directeur récemment promu et en manque d’effectif décide de les appeler en renfort : s’ils font leur preuve, ils seront réintégrés. Cela ne plaît pas à tout le monde dans l’équipe : chacun s’étant approprié leur commissariat de la rue des Innocents et appréciant échapper à la hiérarchie et à tous les protocoles administratifs légaux. Anne Capestan, cependant, accueille avec joie et ambition, ce possible retour en grâce. Alors qu’un agresseur à la seringue sévit dans Paris, Anne et son équipe reprennent du service. Comme toujours, c’est moins la résolution de l’énigme qui importe que l’humour de Sophié Hénaff et de ces attachants enquêteurs.

La disparition d’Audrey Wilde, Eve Chase, 10/18

Kate Morton résume ce livre ainsi : « des sœurs, des secrets et des mystères non résolus ». On ne pourrait mieux dire. Le roman s’ouvre sur une étrange scène nocturne, à la fin de l’été 1959 : quatre sœurs traînent un corps dans le jardin du manoir d’Applecote, en Angleterre. Cinquante ans plus tard, une famille recomposée : Will, Jessie, Bella – la fille de Will et sa défunte épouse Mandy – et Romy, la cadette. Londoniens, Will et Jessie cherchent une maison à la campagne : Jessie, particulièrement, qui ne supporte plus de vivre dans la maison où les souvenirs du premier mariage de Will sont partout.

Nous les rencontrons alors qu’ils visitent le manoir d’Applecote : Jessie est sous le charme. Certes, c’est loin de Londres et il faudra rénover quelque peu cette bâtisse abandonnée depuis longtemps, mais elle est si décidée, qu’elle finit par convaincre Will. Elle ne soupçonne pas le passé trouble qui hante le lieu et la passion dont Bella se prendra pour la mystérieuse disparition de la jeune Audrey Wilde des décennies plus tôt. Comment donner une place aux fantômes sans les laisser nous hanter, c’est la question à laquelle se trouvent confrontés les personnages de ce roman, tant dans le passé que dans le présent.

Nadège

littérature française, poche, Points - Seuil, Récit

Le lac magique, Yaël Cojot-Goldberg, Points, Seuil

Il avait suffi d’une soirée pour décider de partir vivre un an au Canada.

Alors qu’elle s’envole pour le Canada avec son mari (T.) et ses filles pour une parenthèse d’un an, Yaël Cojot-Goldberg est loin de s’imaginer l’expérience unique qu’elle s’apprête à vivre. En effet, dans la communauté de S. Estate, où la famille pose ses valises pour le premier mois de voyage – avant de rejoindre Montréal –, les femmes ont pour rituel matinal de se baigner nues dans un lac au milieu des bois. Dès le lendemain de leur arrivée, Leslie – la propriétaire de la maison louée par Yaël Cojot-Goldberg et son mari –, l’invite à se joindre au groupe. Surprise et ne sachant que répondre, elle se laisse convaincre grâce aux encouragements de T.

 C’est un monde inconnu ou trop peu exploré qui s’ouvre alors à elle : celui de sa féminité, du bonheur à ressentir la nudité de son corps dans la nature, le lien l’unissant à ces femmes d’âges et de corps variés, mais si semblables dans leurs différences. Ces marches vers le lac et ces baignades quotidiennes la mènent à s’interroger sur la femme qu’elle a délaissée en devenant mère (ou l’excuse que lui a fourni la maternité pour ne pas s’écouter), sur sa judéité (la communauté de S. Estate étant constituée de plusieurs familles juives qui avaient émigré ensemble), sur les relations qu’elle entretient ou a pu entretenir avec ses parents séparés peu de temps après sa naissance, sur sa condition de fille qui, en français, ne laisse pas la possibilité de s’émanciper du rôle familial qu’il nomme :

Tout est dit : on peut être un garçon et ne pas être un fils. Quand on est une fille, l’autre mot n’existe pas – du moins, en français. Pas moyen d’y échapper. Je n’ai pas pu choisir entre « girl » et « daughter ».

Au fil des jours, une forme de réconciliation et de sérénité intérieure se dessine jusqu’à donner naissance à ce récit intime et libérateur.

Nadège

Ecole des loisirs, Enquête, littérature française, Litttérature de jeunesse, Romans

Mémoires de la forêt. Les carnets de Cornélius Renard, Mickaël Brun-Arnaud, Ecole des Loisirs

L’an dernier, Mickaël Brun-Arnaud nous offrait un petit bijou de littérature jeunesse intitulé Mémoires de la forêt. Les souvenirs de Ferdinand Taupe. Poésie, tendresse, humour et jolies illustrations s’entremêlaient dans ce premier roman prometteur. Un an plus tard, le deuxième tome mettant en scène la forêt de Bellécorce et ses habitants est tout aussi réussi : sous-titrée Les carnets de Cornélius Renard, cette nouvelle aventure nous fait découvrir les origines de la librairie d’Archibald Renard. Mais c’est au terme d’une véritable aventure que se révèleront les secrets de cette fabuleuse création.

Alors qu’Archibald mène des jours paisibles dans sa librairie, conseillant ses clients et tentant laborieusement d’écrire son premier livre, alors que les festivités d’automne se préparent à Bellécorce et qu’une atmosphère joyeuse emplit les cœurs, surgit Célestin Loup. Cet inconnu se présente comme le véritable propriétaire de la librairie – preuves à l’appui – et accuse les Renard d’avoir spolié l’établissement de sa famille depuis trois générations. Archibald est aussitôt expulsé et mis à la rue par le maire de Bellécorce. Complètement désemparé, il se raccroche à un petit objet découvert dans ses maigres affaires : un carnet de son grand-père. Celui-ci y mentionne l’existence d’autres carnets dans lesquels il aurait rédigé l’histoire de sa vie et raconté la genèse de la librairie. Comprenant que ceci est son seul espoir pour éclaircir cette triste situation, Archibald part en quête des secrets de son grand-père, accompagné de son neveu Bartholomé, grand lecteur de romans policiers.

Un nouveau roman passionnant et touchant qui donne très envie de découvrir le troisième tome de la série, dont la parution est déjà annoncée pour la fin de cette année.

Nadège