Fantasy/Science-fiction, Littérature francophone, Livre de poche, poche, Romans

« Quitter les monts d’Automne », Emilie Querbalec, Livre de Poche

Tu sais pourquoi j’aime tant ta planète, Kaori ? […]

J’aime Tasai, parce que le Flux n’y a que très peu d’emprise. […] Et la technologie est si peu présente au quotidien que je peux passer des jours sans me lier. J’aime cette sensation de liberté.

Kaori est enfant lorsque ses parents disparaissent dans un incendie. Recueillie par sa grand-mère, Kaori espère elle aussi connaître le Ravissement, l’appel à s’inscrire dans la tradition familiale du « Dit » : l’écriture étant interdite sur Tasai, c’est oralement que se transmet l’histoire de l’humanité. Mais il semble que le destin en ait décidé autrement pour Kaori : elle ne sera pas une conteuse renommée comme sa mère et sa grand-mère. C’est une formation de danseuse que suit la jeune fille.

A la mort de sa grand-mère, Kaori est confiée à une autre famille de conteurs. Elle n’emportera avec elle que très peu de choses, la plus précieuse étant un étrange rouleau calligraphié protégé par un mécanisme ne s’ouvrant qu’à elle. Kaori ne comprend évidemment pas la signification de ce qui est écrit sur ce rouleau et elle prend un risque énorme en le transportant avec elle, mais elle soupçonne aussi qu’il est la clef de son histoire.

Désireuse de percer le mystère qui entoure ce rouleau et sa propre vie, Kaori fera tout pour rejoindre la capitale et y retrouver un Maître croisé dans son enfance. Elle ne se doute pas que ce voyage la mènera bien plus loin encore.

« Quitter les monts d’Automne » a reçu le prix Rosny Aîné 2021 récompensant des œuvres de science-fiction francophones.

Folio, Littérature étrangère, poche, Romans

Mr Wilder et moi, de Jonathan Coe, Folio

Alors qu’elle accompagne l’une de ses filles à l’aéroport, Calista est très émue : difficile de voir son bébé d’une vingtaine d’années quitter l’Angleterre pour la lointaine Australie. Celle-ci lui demande, amusée, si sa propre mère a réagi ainsi lorsqu’au même âge Calista s’est envolée d’Athènes pour un été en solitaire et sac au dos aux Etats-Unis. Cette question suffit à faire resurgir les souvenirs d’une rencontre improbable et déterminante pour l’avenir de Calista : le grand cinéaste Billy Wilder. Rien ne la prédestinait à croiser sa route ni à embrasser une carrière de compositrice de musique de films et, pourtant, cet été a tout changé. A la faveur d’un rendez-vous étrange, d’un bâillement, de coordonnées griffonnées sans espoir d’une nouvelle rencontre et, finalement, d’un coup de fil inattendu l’appelant comme interprète sur le tournage d’un film réalisé par Billy Wilder sur une île grecque, la vie de Calista va basculer.

C’est toujours un plaisir de lire Jonathan Coe, ce le fut encore. A peu près aussi ignorante que Calista en matière de cinéma, j’ai aimé me glisser dans ses pas à la découverte de la personnalité de Billy Wilder, maître du cinéma américain des années ‘50 et ’60. D’origine autrichienne, exilé en 1933, en raison de la montée du nazisme, d’abord en France puis aux Etats-Unis, Billy Wilder sera marqué toute sa vie par l’horreur de la guerre qui lui aura volé sa mère : il ne la reverra plus jamais après son départ. Il est aussi pétri d’Europe, même si sa carrière se déroulera principalement aux Etats-Unis. Les touches d’humour de Jonathan Coe et de Billy Wilder (citations référencées en fin d’ouvrage) agrémentent cette déambulation fascinée de la jeune Calista dans un milieu qu’elle découvre et de de la Calista d’aujourd’hui dans ses souvenirs de jeune femme. Un roman sur le temps qui passe, sur la transition entre générations, sur la capacité ou non de se réinventer et celle d’accepter la fin d’une époque et l’avènement d’un nouveau monde.

Fantasy/Science-fiction, J'ai lu, Littérature étrangère, poche

Le prieuré de l’oranger de Samantha Shannon.

Un monde divisé.
Un reinaume sans héritière.
Un ancien ennemi s’éveille.
La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle…
Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages. Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela.
De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues. Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence.
Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil… Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.

Sorti en 2019, «Le prieuré de l’oranger» s’est très vite installé comme étant l’une des nouvelles pépites de la littérature fantasy. Avec ces plus de 1000 pages, Samantha Shannon, considérée comme la « nouvelle Robin Hobb », nous plonge dans un univers médiéval et mystique, où Est et Ouest se divise un peu plus chaque jour, notamment, à cause de la peste draconique, maladie contagieuse et dangereuse venue de l’Ouest. Et à l’inverse, où Orientaux sont considérés comme hérétiques par rapport à leur proximité avec les dragons. Au Sud, Le prieuré de l’Oranger, qui n’a pratiquement aucun contact avec l’extérieur, est une sororité de femmes formées à la magie et au combat.

Le récit suit plusieurs personnages importants de l’histoire, du côté des deux frontières, ce qui permet aux lecteurs de rapidement s’orienter géographiquement. A l’Est, Sabran, la Reine d’Inys et  Ead Duryan, sa dame de chambre. A l’Ouest, Tané, dragonnière en devenir, ainsi que le docteur Niclays Roos.

Ce roman féministe assumé  où principaux rôles et postes de pouvoir sont pourvus par des femmes, l’auteur arrive, sans militantisme, à leur donner une belle place.  

Quant à l’univers, rien n’est laissé au hasard, culturellement inspirés de différentes régions de notre monde, il est riche en traditions, ce qui en fait une belle peinture de fond, le tout en un tome seulement.

Même si l’intrigue est assez classique, s’unir pour affronter le mal, c’est une lecture divertissante où des thématiques actuelles sont transposées dans un univers riche aux personnages attachants.

Disponible en grand format chez De Saxus : https://www.librel.be/livre/9782378760373-le-prieure-de-l-oranger-samantha-shannon/

Mais également en poche, en deux parties, chez J’ai Lu : https://www.librel.be/livre/9782290253175-le-prieure-de-l-oranger-partie-1-samantha-shannon/

En Mars 2023, découvrez le préquel du Prieuré de l’Oranger , « Un jour de nuit tombée » aux éditions De Saxus.

Leeloo.

littérature française, Livre de poche, poche

« Voix d’extinction », Sophie Hénaff, Livre de Poche

A l’heure où les experts du GIEC affirment que « les demi-mesures ne sont plus une option », est-il opportun de proposer un roman léger et amusant concernant la sixième extinction ? On peut se poser la question en découvrant « Voix d’extinction » de Sophie Hénaff (précédemment remarquée pour sa formidable brigade de « Poulets grillés ») et c’est avec une certaine appréhension que je me suis lancée dans sa lecture. Entre curiosité et scepticisme. Et pourtant, oui ! il est possible de remplir le défi d’un roman à la fois interpellant et distrayant, la gravité toujours présente sous la drôlerie et la cocasserie coutumières de l’auteure.

Le contexte : nous sommes en 2031, les populations animales sont en passe de disparaître définitivement et une réunion de chefs d’états est organisée afin de voter un traité de protection de la nature. La situation est plus qu’urgente. Et même quasiment désespérée, car la principale voix pour défendre les animaux dans cette assemblée est Martin Bénétant, or s’il est un généticien hors pair, prix Nobel de surcroît, il manque également profondément de confiance en lui et risque de ne pas peser lourd face à la puissance de lobbys menés principalement par son ennemi juré, Edouard Soutellin. Ne sachant plus à qui s’adresser pour obtenir du soutien et un brin de chance dans cette course contre-la-montre, Martin finit par se dire que si vraiment Dieu existe et tient à sa création, il serait temps qu’il intervienne.

Et voilà l’idée totalement improbable de Sophie Hénaff : non seulement Dieu – ou Déesse, plutôt – entend la supplique de l’homme, mais découvrir l’état dans lequel se trouve le monde provoque sa fureur. Noé est convoqué, sermonné et ordre lui est donné de remédier à la situation, non en redescendant sur Terre (hors de question, cette fois !), mais en choisissant quatre représentants du règne animal chargés d’aller défendre eux-mêmes leur cause dans les débats. La mission de Noé : leur donner forme humaine et parfaire leur couverture en leur inculquant les règles de savoir-vivre nécessaires. Malheureusement, le temps est compté et les quatre animaux choisis – un gorille, une truie, une chatte et un chien – sont envoyés sur Terre sans avoir tout à fait bien intégrés les us et coutumes des hommes ni perdus leurs réflexes instinctifs. S’ensuivent des situations tour à tours drôles et touchantes : Sophie Hénaff a un don d’observation fabuleux et rend à merveille les habitudes de chacun de ces animaux, donnant lieu à des scènes tout à fait loufoques quand elles sont exécutées par des êtres humains. On sourit beaucoup, on rit aussi, et on ne manque pas de fulminer contre la bêtise et l’arrogance de notre espèce si prompte à se croire supérieure et si encline à générer des catastrophes pour quelques affligeants billets. Pourtant, tant Kombo le gorille que Bouboule le hamster vous démontreront vaillamment que, du plus imposant au plus petit, chaque espèce à sa raison d’être et qu’il serait grand temps de nous rappeler que de cette nature nous faisons partie.

Nadège

Actes Sud, Actualité et animations, Albin Michel, Gallimard, JC Lattès, Les Escales, Nadine Monfils, Pierre Guillaume De Roux, poche, Pocket, Policier - thriller, Romans, Stock, Viviane Hamy

Notre sélection de romans pour la fête des mères !

Nous avons fait une petite sélection de romans parus récemment et qui pourraient plaire à votre maman !

Il y en a pour tous les goûts !

Parmi ceux-ci, il y a ceux pour lesquels nous avons déjà fait un billet sur ce blog:

Pour les mamans qui aiment les romans d’amour et d’aventures !

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Dont vous pouvez trouver le commentaire de Nadège ici

 

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Un très beau roman d’une auteure que j’aime beaucoup ; je vous ai déjà présenté deux romans d’elle, dont Providence qui m’avait beaucoup émue. J’écrirai une petite note de lecture prochainement pour ce nouveau roman paru chez JCLattès en janvier.

 

Pour les mamans qui aiment les romans noirs !

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un roman noir dont nous vous conseillons la lecture ici. POUR RAPPEL, nous recevons l’auteure le mardi 30 mai à 19h30.

 

L’attente a été longue mais le voilà enfin, le nouveau roman de Fred Vargas !

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Dans les nouveautés, nous avons encore ceci :

 

Pour les mamans qui aiment voyager 

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Magique : le nouveau roman de Victoria Hislop nous entraîne en Grèce sur les traces d’un amour perdu. Richement illustré, Cartes postales de Grèce fait chatoyer les couleurs de la Méditerranée. Dans sa boîte aux lettres, Ellie trouve, semaine après semaine, des cartes postales signées d’une simple initiale : A. Ces cartes ne lui sont pourtant pas destinées. Pourquoi lui parviennent-elles ? Qui est l’expéditeur ? Mystère. Portant l’éclat du ciel grec et l’eau cristalline de la mer, ces missives sortent la jeune femme de sa morosité quotidienne.
Un jour, elles cessent cependant d’arriver. Ellie se sent délaissée, privée de cette bouffée d’oxygène qui la faisait rêver et voyager. Elle prend alors une décision : découvrir ce pays par elle-même. Le matin de son départ, Ellie reçoit un carnet par la poste. L’odyssée d’un homme, le fameux A, y est racontée. Celui-ci observe avec tendresse et générosité les Grecs, leurs coutumes, et ce qui fait le sel de leur quotidien.
Derrière ses observations et ses savoureuses anecdotes se dessine le portrait d’un homme blessé. Pourrait-il encore croire en l’amour ?

 

Pour les mamans qui aiment l’humour déjanté et un peu noir !

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Nadine Monfils est une artiste belge iconoclaste. Auteur de plus de 60 romans, elle a été l’une des premières femmes publiée à la « Série Noire ». Elle a aussi écrit et réalisé un long-métrage, Madame Edouard, avec un casting prestigieux. Elle a reçu de nombreux prix dont le prix Polar au salon Polar & Co de Cognac et le prix Saint-Maur en poche, de la Griffe Noire, pour l’ensemble de son oeuvre. Après Mémé Cornemuse, héroïne récurrente dont la première aventure a connu un immense succès en librairie, Nadine invente un nouveau personnage barré, promis à de nombreuses aventures, Elvis Cadillac.

 

Pour les mamans qui aiment les animaux !

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Et si maman n’a pas encore lu le premier tome de Jules, il vient de passer en poche !

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Jules, c’est un chien pas comme les autres puisqu’il est guide pour aveugle. Une belle histoire comme sait nous les conter Didier van Cauwelaert !

 

 Pour les mamans qui n’ont pas beaucoup de temps mais qui aiment lire un peu le soir

voici deux recueils de nouvelles :

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À  la question « Êtes-vous mariée? » l’auteure du «Mec de la tombe d’à côté» clame volontiers : « Je suis entre deux mariages… » Ces «Petites histoires» pleines de malice et de dérision vous le diront, on a toujours mille et une raisons de divorcer – ou de le regretter !

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Michel Lambert nous fait pénétrer à nouveau dans l’univers chancelant des couples ou des compagnons de route improbables, des secrets douloureux à retardement, des derniers pas que promènent, au fil d’un poignant chant du cygne, ceux qui ne pourront plus jamais se retrouver comme avant, dans l’illusion ou le fantasme, soudain surpris par l’éternel lendemain et sa lumière trop forte et trop blanche.

Un auteur que j’aime beaucoup et qui est déjà venu quelques fois à la librairie: c’est ici pour les détails.

 

 Pour les mamans qui préfèrent les poches.

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Pour les mamans qui aiment les suspenses.

Eté 1989. La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Sur cette route de corniche, au-dessus d’un ravin de vingt mètres, une voiture route trop vite et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère n’ont pas eu la même chance. Eté 2016. Clotilde revient pour la première fois sur les lieux du drame, accompagnée de son mari et de sa fille adolescente.
Elle veut profiter de ces vacances pour exorciser le passé. C’est au camping dans lequel elle a vécu son dernier été avec ses parents que l’attend une lettre… de sa mère. Vivante ?

 

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Devant leur petit garçon, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir et la fantaisie. Celle qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible. Elle les entraîne dans un tourbillon de poésie pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Pour les mamans qui aiment les histoires d’amour.