Bande dessinée, Cambourakis

Je suis bordélique. Guide pour une vie désordonnée, Einat Tsarfati, Cambourakis

Une BD à offrir à tous les bordéliques – ou, si vous êtes ordonné, à lire pour mieux comprendre le désarroi de ces personnes de bonne volonté incapables de garder quoi que ce soit correctement rangé. Vous y apprendrez notamment qu’[e]n moyenne, au cours d’une année, un bordélique ordinaire décide au moins quinze fois qu’à partir de la semaine suivante, il commencera à mieux s’organiser, vous pourrez évaluer à quel point vous êtes bordélique, en quoi consiste le bordel (matériel et immatériel), comment l’affronter (car [l]a grande force du bordel, c’est qu’il est fuyant et rusé), mais aussi les avantages à être bordélique ! Et surtout, des trucs et astuces pour ranger sans ranger et accepter sans complexe sa nature désordonnée. Eclats de rire assurés si vous vous reconnaissez !

Nadège

Bande dessinée, Futuropolis, Futuropolis, Uncategorized

Le Grand Incident, Zelba, Futuropolis

Le grand incident est né d’une colère multiple : lorsqu’on a proposé à Zelba d’intégrer la collection de bandes dessinées « Musée du Louvre », aucune femme n’avait encore porté de projet seule dans cette collection (entretemps, Judith Vanistendael a publié Atan des Cyclades en novembre 2022) , aucune femme n’avait encore pris la direction du Louvre (c’est chose faite depuis la nomination de Laurence des Cars en 2021), le harcèlement de rue sévissait encore et toujours (ça ne s’est pas amélioré)…

Autre prise de conscience de l’autrice en visitant le Louvre à la recherche de l’inspiration : le nombre de représentations de nus féminins illustrant des scènes d’agression, sous couvert d’épisodes bibliques ou mythologiques. Et la lecture d’un fait a priori mineur, mais signifiant : les mains baladeuses des visiteurs sur ces statues.

De ce magma, Zelba a tiré une histoire aussi intelligente que fantasque : et si les nus féminins du Louvre décidaient de se révolter en s’invisibilisant au public, obligeant le Louvre à fermer ses portes ? Comment négocier avec des œuvres d’art offensées et exaspérées, tant par les regards de leurs acolytes de marbre que par le comportement de visiteurs indélicats ? Réjouissant !

Nadège

10/18, Albin Michel, L'Olivier, Littérature étrangère, littérature française, Romans

Cocktail estival : Histoire, humour et mystère

Le médecin de Cape Town, E. J. Levy, L’Olivier

Inspiré de la véritable histoire de Margaret Bulkley qui au 19ème siècle fut travestie dès son adolescence afin de suivre des études de médecine et vécu toute sa vie sous l’identité masculine du docteur James Barry, ce roman est à la fois un récit intime et une véritable aventure : si son secret était découvert, « le médecin de Cape Town » serait triplement menacé de mort pour travestissement, exercice illégal de la médecine par une femme, qui plus est au sein de l’armée. Une vie fascinante dont E. J. Levy s’est emparée avec brio. A noter, en fin d’ouvrage, un commentaire précisant ce qui relève des faits historiques et les événements modifiés pour le roman. Une excellente lecture pour les vacances !

Drame de pique, Sophie Hénaff, Albin Michel

Envie de légèreté et d’humour ? (Re)plongez-vous dans la série des « Poulets grillés » de Sophie Hénaff : une bande de bras cassés à qui l’on confie les dossiers les plus calamiteux, tout en les dépossédant des moyens les plus élémentaires pour les résoudre. Dans ce quatrième tome, la brigade est plus oubliée que jamais quand un nouveau directeur récemment promu et en manque d’effectif décide de les appeler en renfort : s’ils font leur preuve, ils seront réintégrés. Cela ne plaît pas à tout le monde dans l’équipe : chacun s’étant approprié leur commissariat de la rue des Innocents et appréciant échapper à la hiérarchie et à tous les protocoles administratifs légaux. Anne Capestan, cependant, accueille avec joie et ambition, ce possible retour en grâce. Alors qu’un agresseur à la seringue sévit dans Paris, Anne et son équipe reprennent du service. Comme toujours, c’est moins la résolution de l’énigme qui importe que l’humour de Sophié Hénaff et de ces attachants enquêteurs.

La disparition d’Audrey Wilde, Eve Chase, 10/18

Kate Morton résume ce livre ainsi : « des sœurs, des secrets et des mystères non résolus ». On ne pourrait mieux dire. Le roman s’ouvre sur une étrange scène nocturne, à la fin de l’été 1959 : quatre sœurs traînent un corps dans le jardin du manoir d’Applecote, en Angleterre. Cinquante ans plus tard, une famille recomposée : Will, Jessie, Bella – la fille de Will et sa défunte épouse Mandy – et Romy, la cadette. Londoniens, Will et Jessie cherchent une maison à la campagne : Jessie, particulièrement, qui ne supporte plus de vivre dans la maison où les souvenirs du premier mariage de Will sont partout.

Nous les rencontrons alors qu’ils visitent le manoir d’Applecote : Jessie est sous le charme. Certes, c’est loin de Londres et il faudra rénover quelque peu cette bâtisse abandonnée depuis longtemps, mais elle est si décidée, qu’elle finit par convaincre Will. Elle ne soupçonne pas le passé trouble qui hante le lieu et la passion dont Bella se prendra pour la mystérieuse disparition de la jeune Audrey Wilde des décennies plus tôt. Comment donner une place aux fantômes sans les laisser nous hanter, c’est la question à laquelle se trouvent confrontés les personnages de ce roman, tant dans le passé que dans le présent.

Nadège