Folio, J'ai lu, Littérature étrangère, littérature belge, littérature française, Livre de poche, poche, Romans

Quelques sorties « poche » à découvrir !

Coup de cœur de Nadège

Une vieille dame doit pour la première fois de sa vie abandonner la maison où elle a grandi, où elle a vécu. Cette maison, elle l’a dans l’a peau et lui a consacré sa vie entière. Alors qu’elle est contrainte de la quitter, elle revisite ses souvenirs au fil des saisons et des années. Perrine Trippier réussit un coup de maître avec ce roman d’une grande sensibilité, écrit dans une langue superbe.

Coup de cœur de Laurence

Clara est coiffeuse. Elle mène une vie banale et sans couleur, jusqu’au jour où un client oublie un livre de Proust sur la tablette du salon où elle travaille. Clara l’emporte et, lorsqu’elle s’y plonge quelques mois plu tard, c’est une révélation qui va l’emmener vers de nouveaux horizons.

Coup de cœur de Nadège

« Vers le paradis », ce sont trois romans en un ! Ce qui les relie ? Une maison à Washington Square, entre autres.

Yanaghiara maîtrise intelligemment son (ses) récit(s), interrogeant avec finesse l’avenir de nos sociétés et des libertés individuelles. Elle n’hésite pas non plus à déstabiliser le lecteur en bousculant ses attentes. Un grand roman à découvrir.

Elsa rêve d’étudier le chant à Milan, mais son père, élevé dans une société italienne patriarcale, n’y est pas favorable, d’autant plus qu’il ne dispose pas des moyens financiers nécessaires. Par ailleurs, une bactérie qui décime son oliveraie le préoccupe. Heureusement, Rafaella, la grand-mère d’Elsa, la soutient et lui fournit les fonds pour réaliser ce projet. Mais d’où vient cet argent ? Que comptait-elle en faire ? Découvrez le récit de Rafaella et l’histoire d’Elsa dans ce nouveau roman de Christiana Moreau, récemment paru en poche.

auteur belge, éditions Genese, Bernard Tirtiaux, Cherche midi, Gallimard, L'observatoire

Une partie de nos lectures du mois de janvier

La vie heureuse, David Foenkinos, éd. Gallimard :

Que diriez-vous de mourir pour mieux vivre ? Dans son dernier roman, Foenkinos explore le concept du frisson de la mort commercialisée à Séoul. Une histoire optimiste, touchante et drôle, explorant des sujets de société actuels tout en interrogeant sur le sens de la vie.

Un monde à refaire, Claire Deya, éd. de L’Observatoire :

Alors que la paix est presque atteinte, Français, Allemands et résistants se mettent en danger afin de déminer les plages du sud de la France. On suit Vincent, à la recherche de la femme qu’il aime et qui a disparu, Saskia, jeune survivante juive essayant de retrouver sa place, et Fabien, ancien résistant. Un premier roman tendre et émouvant sur la reconstruction d’une France (mais pas que) fracturée par la deuxième Guerre Mondiale.

L’écorché, Bernard Tirtiaux, Genèse édition :

En 2028, la vie tranquille du chirurgien et sculpteur Philippe est bouleversée par le retour d’Olga, son amour passé. Celle-ci, mère de Vlad, une icône engagée contre les injustices, le sollicite pour reconstruire le visage vitriolé de son fils. Impliqué malgré lui dans un mouvement mondial, Philippe doit naviguer à travers des pièges, mêlant amour et engagement sociétal.

Flamboyant crépuscule d’une vieille conformiste, Emmanuelle Pirotte, Le Cherche Midi édition :

Dominique, 81 ans, confrontée à la maladie d’Alzheimer, opte pour un adieu sans détour à sa vie, ses enfants et ses bibelots. Avec une férocité réjouissante, elle se débarrasse des conventions bourgeoises, offrant une perspective élevée sur l’Existence tout en triant ses souvenirs. Flamboyant crépuscule d’une vieille conformiste est le portrait d’une femme qui se lance, avec panache, dans un ultime face-à-face avec elle-même.

#librairieindependante#gembloux#littérature#nouveautéslittéraires

Grasset, littérature française, Rentrée littéraire, Romans

Coup de cœur de rentrée : A ma sœur et unique, Guy Boley, Grasset

Elisabeth Förster-Nietzsche est la sœur du célèbre philosophe. Entre eux, c’est l’amour fusionnel jusqu’à la rupture, aux retrouvailles et à la trahison. Elisabeth, diablesse opportuniste, est à la fois celle qui permettra la diffusion de l’œuvre de Nietzsche tout en n’hésitant pas la modifier, voire à la dévoyer. Nul besoin de connaître Nietzsche pour s’intéresser à cette histoire : amateurs de littérature et de belles écritures, vous savourerez la plume de Guy Boley.

Extrait :

Puis l’orage, épuisé, s’assied au sommet d’une colline, pose sa tête entre ses mains, essaie de reprendre son souffle, respire à pleins poumons et tente d’apaiser les battements de son cœur en expirant lentement tout l’air accumulé. Les chevaux de la foudre font tonner leurs sabots ; hennissent encore un brin et crachent par leurs naseaux de petits jets de brume, mais plus personne ne croit à leurs colères stériles. Déjà les blés, ruisselants d’eau, relèvent la tête et recoiffent leurs épis ; les corolles s’ébrouent ; tuiles et chéneaux cessent de sangloter. Et les hommes de quitter ces abris provisoires qu’à la hâte tout un chacun s’était trouvés, et d’allumer une pipe pour faire, à leur tour, de petits nuages blancs, bleus, avec entre leurs lèvres, en direction des cieux, un léger sourire d’effronterie. (p. 73)

Nadège

Grasset, Littérature étrangère, Livre de poche, Romans

A la (re)découverte de Thomas Mann

Le flot permanent de nouvelles publications nous fait parfois oublier ou reporter indéfiniment la lecture de grands classiques de la littérature, surtout quand ceux-ci sont aussi épais et impressionnants que La Montagne magique de Thomas Mann. Dans ce roman, Hans, jeune homme d’une vingtaine d’année, rend visite à son cousin Joachim en cure dans un sanatorium à Davos (Suisse). Alors que Hans a prévu initialement de séjourner trois semaines là-bas, il y restera finalement… sept ans ! En effet, ce lieu étrange frappe quiconque s’y rend d’une forme de langueur, d’atonie, si bien que très vite se dessine une frontière entre les « gens d’en haut » et ceux du « plat pays ». Hans n’échappe pas à cette fascination… et le lecteur non plus, qui en vient à tenter comme le personnage principal de « s’habituer à ne pas s’habituer », vainement. Et il faut bien de la force de caractère pour parvenir à sortir de cette bulle étrange et retrouver la vie d’en bas. Et de la ténacité, mêlée de plaisir et de fierté, pour arriver au bout de ce volumineux « roman du temps ». Si je n’en ai certainement pas saisi toutes les subtilités, j’ai tout de même apprécié cette lecture, aidée par les notes en fin d’ouvrage, la postface éclairante et, non moins importante, la lecture d’un autre roman paru au mois d’août et consacré à Thomas Mann : Le Magicien, de Colm Tóibín.

« Le Magicien », c’est le surnom octroyé par ses proches à Thomas Mann. Dans ce roman, Colm Tóibín retrace le parcours de ce romancier et intellectuel allemand, prix Nobel de littérature en 1929, homosexuel, mariée à Katia d’origine juive. On découvre l’évolution de la pensée et de l’engagement de Thomas Mann qui traversera les deux guerres mondiales et connaîtra l’exil en Suisse, puis aux Etats-Unis, les tourments intimes de cet homme obligé de cacher ses désirs, ses relations parfois houleuses aves ses proches aux positions plus tranchées et virulentes (son frère Heinrich et ses enfants, Klaus et Erika, notamment). Ce roman évoque également la genèse de certains textes, dont évidemment La Montagne magique, inspirée par un séjour au sanatorium de Davos où était soignée sa femme. Et donne des clés de compréhension de l’homme et de l’œuvre. Une bonne entrée en matière !

A noter : il n’est pas nécessaire de connaître déjà Thomas Mann pour apprécier Le Magicien, de Colm Tóibín.

Nadège

Littérature étrangère, Romans, Seuil

Au large, Benjamin Myers, Seuil

Le sentimental, vois-tu, ne se résume pas à deux cœurs qui saignent et à des roses rouges. Le sentimental, c’est l’émotion, la liberté. C’est l’aventure, la nature et l’appel de l’ailleurs. Le fracas de la mer et de la pluie sur la toile de ta tente et une buse qui plane sur la prairie, se réveiller le matin en se demandant ce que te réserve la journée et partir le découvrir. C’est ça, le sentimental.

Suivant cette définition, « Au large » est un vrai roman sentimental. Le roman d’une amitié improbable entre Robert – un jeune garçon quittant sa campagne natale pour échapper à la mine, avec un but : voir la mer – et Dulcie, une quinquagénaire solitaire, cultivée et anticonformiste, vivant dans un cottage perdu au milieu de la nature, en compagnie de son Majordome canin.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les privations touchent durement toute la population. Pourtant – et malgré son isolement –, Dulcie possède des réserves étonnantes (une cave bien remplie, des fraises surgelées, du homard et du poisson fraîchement pêchés) et des livres à foison. Autant de victuailles dont elle fera profiter Robert, lui ouvrant les papilles et l’esprit en l’initiant à des mets raffinés et à la poésie. Celui-ci la paye en retour en effectuant quelques travaux physiques d’entretien : débroussaillage du terrain et remise en étant d’un vieil atelier. C’est en triant le bric-à-brac remplissant cette cabane que Robert met la main sur des traces du passé de Dulcie. Cette découverte tissera entre eux un nouveau lien indéfectible.

Nadège