Pourquoi donc a-t-on tant besoin de beauté ? Et si on la laissait vivre en paix dans l’espoir de la recroiser un jour ? Pensée pour la peau du coyote roux couchée sur ma banquette de camion, la teinte de sa fourrure pareille à celle des cheveux d’Anouk. Sentiment profond que la bonne chose à faire, en matière d’équilibre planétaire, est de protéger les vulnérables. Courir, quand c’est un tyran qui s’approche trop de ta roulotte. Ou riposter. (p. 249)
Après Encabanée, Gabrielle Filteau-Chiba revient avec un roman épris de nature et de liberté, d’autant plus que celles-ci sont menacées.
Raphaëlle, garde forestière au cœur de la forêt du Kamouraska, découvre un site de trappe illégale sur lequel sa chienne, Coyote, s’est fait piéger. Sa colère s’accroît quand elle découvre qu’elle est elle-même surveillée par le braconnier. Celui-ci se révèle en plus un chasseur redoutable et dangereux pour la gent féminine. Prenant personnellement à cœur cette affaire, ne pouvant compter sur son institution pour l’aider à démasquer un homme dont tout le monde connaît le nom, mais que personne n’ose dénoncer ouvertement, Raphaëlle se donne pour mission de protéger à tout prix la nature et ses semblables de ce criminel.
Un roman dépaysant et écologiquement engagé, portant un regard à la fois ébloui et inquiet sur la beauté fragile du vivant.
Se promenant dans sa ville natale de Gand un jour de 1979, le narrateur tombe en arrêt devant une maison : visiblement à l’abandon derrière une grille ornée de glycines, cette demeure l’appelle. Il l’achète aussitôt et va y vivre près de vingt ans. Ce n’est qu’au moment de la quitter qu’il mesure que ce toit fut également celui d’un SS flamand, profondément impliqué dans la collaboration avec le Troisième Reich. Le lieu intime se pare soudain d’une dimension historique vertigineuse : qui était cet homme incarnant le mal, qui étaient son épouse pacifiste et leurs enfants ? Comment raconter l’histoire d’un foyer habité par l’abomination, l’adultère et le mensonge ? À l’aide de documents et de témoignages, le grand romancier belge Stefan Hertmans nous entraîne dans une enquête passionnante qui entrelace rigueur des faits et imagination propre à l’écrivain. Examen d’un lieu et d’une époque, portrait d’un intérieur où résonnent les échos de l’Histoire, Une ascension est aussi une saisissante plongée dans l’âme humaine.
Qualifiée de « roman » par son éditeur, Une ascension, la nouvelle publication de Stefan Hertmans, relève plutôt de l’auto-docu-fiction. C’est ainsi que l’auteur lui-même décrit sa démarche et cela nous semble beaucoup plus juste. En effet, si Stefan Hertmans imagine certains éléments, fictionnalise certains aspects, son travail se base à la fois sur son vécu et sur une enquête minutieuse au sujet de Willem Verhulst.
Par où l’histoire commence-t-elle ? On pourrait la prendre par plusieurs bouts, bien sûr. Alors choisissons de la faire commencer par la lecture d’un témoignage d’Adriaan Verhulst, ancien professeur d’Hertmans et fils de Willem Verhulst : dans Zoon van een ‘foute’ Vlaming, paru il y a un peu plus de vingt ans, Adriaan Verhulst indique que son ancienne maison familiale est occupée par Stefan Hertmans. Celui-ci prend conscience de la dimension historique de ce lieu, de ce à côté de quoi il est passé – volontairement ou non – lors de sa première visite, par exemple. C’est elle qui donne corps au roman : gravissant à nouveau, par le souvenir et la pensée, les escaliers de cette maison de la cave au grenier en compagnie du notaire De Potter, Stefan Hertmans passe en revue chaque pièce et les événements qui s’y sont déroulés. Le portrait de Willem Verhulst et son parcours se dessinent à travers documents officiels, mémoires des protagonistes (Willem Verhulst, Griet Latomme – sa maîtresse, entre autres), le journal tenu par sa femme, Mientje (personnage admirable) et des entretiens de l’auteur avec les filles de Verhulst, notamment.
Tout au long de cette enquête, Stefan Hertmans nous entraîne à sa suite : nous l’accompagnons sur les lieux qu’ils visitent, nous examinons avec lui certains documents. Nous sommes saisis d’effroi face à la froideur et à la folie de cet homme, tout en nous étonnant des étranges circonvolutions de l’Histoire qui fait s’entrelacer les destins, parfois à des années d’écart, pour le meilleur et pour le pire.
En 2019 et 2020, la Ville de Gembloux a lancé son Schéma Communal de Développement Commercial avec un processus participatif. Vous aviez montré un intérêt et/ou participé à une réunion permettant de récolter votre avis sur les fiches-actions à mener dans le cadre de ce schéma.
Certaines fiches sont actuellement lancées notamment celles visant à la définition d’une identité territoriale.
Si ce n’est pas déjà fait, la Ville de Gembloux vous invite à répondre à l’enquête en ligne et à la diffuser autour de vous, notamment à la tranche d’âge moins de 25 ans et plus de 65 ans, sous-représentées dans les réponses actuellement reçues.
Vous avez aussi l’occasion, si vous le désirez, de vous inscrire à des ateliers pour pousser plus loin le processus participatif dans l’identification et la mise en valeur de notre identité territoriale. Prenez contact avec Thomas Larielle de la dynamique urbaine : thomas.Larielle@gembloux.be
« Qu’ai-je fait de ma vie ? » C’est une question que tout le monde se pose un jour ou l’autre et c’est le cas également pour Tom, qui fête ses 50 ans. Cette question le taraude en voyant un petit garçon passer en courant devant son magasin de compléments alimentaires pour culturistes où il est vendeur. Tom est fatigué, de tout, de ce travail inutile, de ses fils d’actualités Facebook ou Instagram qui lui montrent tout le temps la même chose. Fatigué quand il rentre à la maison où rien n’a changé, sa femme toujours pareille à elle-même qui essaie de lui faire plaisir ce qui le force à avoir l’air heureux et le fatigue encore plus. Il y a son fils qu’il n’a jamais compris et qui vit avec une femme qu’il comprend encore moins. Il y a aussi son père, juif, rescapé de la Shoah auquel il refusait de ressembler, raison pour laquelle il a fait du culturisme pour ne plus avoir l’air de ce « petit juif maladif ».
Mais à 50 ans, voilà le fils et le père qui investissent la maison familiale et Tom sait encore moins où il en est quand, lui aussi, ramène à la maison une jeune femme qu’il a sauvé des griffes d’un homme et qui lui soutient qu’elle est une vache.
C’est une histoire cocasse, déroutante mais dans l’air du temps que nous conte Thomas Gunzig. Ses personnages nous bousculent dans nos certitudes anciennes ou modernes. J’ai ressenti de l’empathie pour son personnage déboussolé par la réalité actuelle qui le dépasse.
Un roman actuel et universel à la fois.
Thomas Gunzig viendra nous présenter son livre le 24 février à 19h30. En raison de l’affluence, la rencontre se fera à la Bibliothèque Henin-Sodenkamp, rue des Oies, 1a-2a à 5030 Gembloux.