album de jeunesse, Kaléidoscope, Pastel

Albums de jeunesse en vrac, Pastel et Kaléïdoscope

akim.gifLes éditions Pastel collaborent avec Amnesty international pour éditer ce très bel album de Claude K. Dubois intitulé Akim court. Un enfant pris dans la tourmente de la guerre, qui perd sa mère dans la cohue et se retrouve dans un camp de réfugié tenu par une ONG. Tout finit bien mais l’histoire est bouleversante de vérité. Le dessin est magnifique.

Claude K. Dubois, Pastel, 11.50€

 

rabounia.gif Qui est le malotru qui pleure ainsi? Rabounia sort de son histoire pour découvrir un petit lapin bien malheureux sans son doudou. Qu’a cela ne tienne, Rabounia lui en fabrique un nouveau mais avec ses potions magiques impossible de lui donner l’odeur du doux et du vieux. Voilà notre sorcière bien obligée d’apprendre d’autres manières de se comporter.

Pour les enfants à partir de 4 ans, C.Naumann-Villemin – M. Barcilon, éditions Kaléïdoscope, 13.50€

 

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 Un enfant se réveille avec un rêve de bateau dans la tête. Il voudrait partager son rêve mais personne ne l’écoute. Peu à peu le bateau acquiert des détails supplémentaires et grandit. Papa, maman, les frères et le chien vont être emportés dans le rêve de l’enfant. De très beaux dessins portent une histoire empreinte de poésie et d’imaginaire.

Pour les enfants à partir de 4 ans, Polly Dunbar, éditions Kaléïdoscope, 13.00€

 

 

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Petite fille aime dessiner et surtout ne pas s’arrêter pour manger. Elle se mettra à table mais refusera de manger. Ses dessins de crocodile, ours et hérisson finiront son plat. Super mais attendre jusqu’au soir pour le prochain repas ce n’est peut-être pas très agréable. La prochaine fois petite fille mangera !

De très beaux dessins, une morale pas ennuyeuse.

Pour les enfants à partir de 4 ans, Rebecca Cobb, éditions Kaléïdoscope, 13.00€

 

Ecole des loisirs, Litttérature de jeunesse

« La société des S », Susan Hubbard, Ecole des loisirs

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Ari vit avec son père et une gouvernante à la journée dans une maison isolée du reste de la ville. Son père lui fait la classe et elle discute avec lui de philosophie, de musique, de lectures. Le jour de ses 13 ans, madame McGarritt lui propose de faire la connaissance de ses enfants. Ari découvre alors une famille nombreuse dont les aînés ont plus ou moins son âge et elle se lie d’amitié avec eux. C’est pour elle une révélation car sa manière de vivre avec son père est totalement différente et elle n’avait jamais eu l’occasion de s’en rendre compte. Des questions commencent à l’assaillir, son père est-il vraiment végétarien, a-t-il réellement une maladie de peau, pourquoi n’y a-t-il pas de miroir dans sa maison? De plus elle sent bien que Kathleen, sa nouvelle amie, très attirée les sciences occultes fait une fixation sur elle. Lors d’un jeu de rôle qui tourne au drame, Ari n’a d’autre choix que de partir sur les routes à la recherche de sa mère qui a disparu pour une raison inconnue le jour même de sa naissance. Peu à peu Ari va découvrir la vie de ses parents et sa véritable personnalité.

Ce roman, qui est le premier d’une série de trois,  dépasse la simple histoire de vampires  pour nous parler de l’adolescence et de la recherche de soi que tout jeune vit à cette époque de sa vie.

Je l’ai dévoré ;o)

Laurence

Ecole des loisirs, 16.80€

Actes Sud

Revue Canopée,

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La mode est aux revues car dans notre société où tout va très vite, on veut être tenu au courant de l’actualité littéraire ou autre en picorant rapidement des informations. Mais celle-ci est d’un autre genre puisqu’elle mêle poésie, philosophie, photographie et écologie. Son sous-titre est d’ailleurs, « Pour une écologie de la terre, du corps et de l’esprit »;  point de vitesse ici mais de la réflexion sur la beauté du monde.

Pour ce dixième numéro, je suis enthousiaste, belle présentation sur papier recyclé et surtout de beaux sujets.

On voyage autour du monde sous trois rubriques différentes : Métisser, Contempler et Relier avec des articles sur ou de Grand corps malade, Christian Bobin, Sylvain Tessain, des photos d’Agnès Varda entre autres.

J’ai particulièrement aimé le texte « Tant qu’il y aura des livres… » de Sylvain Tesson.

« Le livre nous institue dans le droit de nous tenir immobiles et silencieux, en sécurité, parmi la frénésie du monde. »

 

Une toute belle et intéressante revue.

Laurence

Actes Sud, 10€

Actualité et animations, Robert Laffont, Weyrich

Armel Job à la librairie, le 27 mars 2012

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Nous étions une vingtaine pour écouter Armel Job nous parler de son métier d’écrivain et de son parcours littéraire que nous avons évoqué grâce à la réédition du livre « La malédiction de l’abbé Choiron » aux éditions Weyrich et de son nouveau roman « Loin des mosquées » édités chez Robert Laffont.

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Armel Job nous a expliqué qu’il créait ses personnages à partir de l’observation du monde et de son envie de réfléchir à des situations auxquelles on peut être confrontées. Comment peut-on réagir face à tel problème, quelles sont les possibilités qui s’offrent à chacun face à celui-ci.

 

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Il nous a expliqué que pour « La malédiction de l’abbé Choiron », il avait voulu illustrer la période qu’il avait connue juste après la guerre dans les campagnes d’Ardenne. Il se souvient que ses grands-parents et ses parents parlaient wallon entre eux et avec les les clients de son père ou avec les voisins mais que lui et ses frères ne pouvaient absolument pas le parler.

 

Son désir était de faire un roman français utilisant les tournures de phrases ou les expressions wallonnes. En 1998, ce roman a tout de suite été accepté chez l’Harmattan car  l’éditeur était originaire du Nord de la France et avait une collection ouverte à ce genre de littérature. Mais les éditions Robert Laffont avait déjà remarqué sa plume grâce au roman « La Reine des Spagnes » et par la suite tous ses autres romans ont été édités chez Robert Laffont.

 

Je lui ai demandé s’il devait faire des concessions face aux lecteurs français mais il nous a répondu que ce n’était pas nécessaire, à part quelques mots qui permettent de mieux se faire comprendre de part et d’autre de la frontière, il n’a pas d’obligation de la part de Robert Laffont d’utiliser un français épuré de tout belgicisme.

 

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Armel Job nous a également expliqué qu’il travaillait tous les matins à ses romans et qu’il n’avait généralement pas d’idée préconçue sur la tournure de son roman.

 

Il part d’une idée générale avec quelques personnages et développe peu à peu son intrigue ainsi que le caractère des personnages.

 

C’est ainsi qu’il a fait pour son dernier roman « Loin des mosquées » dont certains personnages comme Yasemin n’avait pas du tout le rôle qu’il lui fait jouer finalement.

 

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Ce roman-ci est d’ailleurs pourvu de quatre narrateurs différents afin de multiplier les points de vue et de mieux faire avancer l’histoire. Il avait envie aussi de changer un peu puisque généralement il écrit des romans à la première personne.

 

Le sujet de ce roman dont nous vous avons déjà expliqué le sujet par ailleurs

 

http://librairieantigone.skynetblogs.be/archive/2012/03/08/aujourd-hui-c-est-la-journee-de-la-femme.html

 

http://librairieantigone.skynetblogs.be/archive/2012/02/15/deux-ouvrages-made-in-belgium-a-ne-pas-manquer1.html

 

lui a été inspiré, nous a-t-il dit, par un mariage turc qui avait eu lieu dans le réfectoire de l’école où il était directeur à une époque. Ce mariage était totalement arrangé avait-il appris par sa fille qui connaissait le marié. Ce fait l’avait marqué et il a voulu y réfléchir au travers d’un roman. Qu’est-ce qui pour pousse un jeune homme ayant réussi de brillantes études à suivre la tradition ancestrale d’épouser une femme qu’on ne connaît pas ? Comment réussit-on ce genre de mariage quand il n’y a pas d’amour alors qu’en occident où le mariage d’amour est de mise, les divorces sont légions ?

 

La condition des femmes est évidemment évoquée dans ce roman. Et là aussi l’auteur nous montre la complexité de la réflexion sur la liberté de la femme. En effet, les femmes peuvent se rebeller face aux dictats des hommes (ici d’origine turque) qui considère que la femme leur  est inférieure ou en tout cas qu’elle ne peut prendre son indépendance ou face aux dictats de notre société européenne où  pour être conformes à ce qu’on attend d’elles, elles doivent répondre à certains critères de beauté, d’efficacité et d’indépendance.

 

Ces réflexions sont distillées tout au long du roman grâce aux différents personnages et c’est ce qui en fait un bon roman. En effet, dénué de démonstrations ampoulées mais, avec un soupçon d’humour bienvenu, ce roman incite le lecteur à réfléchir tout au long de sa lecture

 Je vous le conseille vivement.

 

Laurence