Romans

« Mon vieux et moi » – Pierre Gagnon

 

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               Lorsqu’il allait visiter sa tante dans sa maison de repos, notre narrateur, jeune retraité, a rencontré Léo. Après le décès de sa tante, il décide d' »adopter » Léo, son  « vieux ». S’il fait des envieux au début, le narrateur se coupe ensuite de toute vie sociale et se retrouve à devoir supporter les troubles de la mémoire de Léo et les problèmes inhérents à son grand âge. Malgré cela, le narrateur passe de délicieux moments avec cet homme qui aurait pu être son père, comme s’il essayait de retrouver le temps pedu avec un autre.

              « Mon vieux et moi » est un beau texte sur la vieillesse et le temps qui passe, il est emprunt de douceur et de nostalgie avec quelques notes d’humour.

Cynthia

Pierre Gagnon, Mon vieux et moi, Autrement, 9 euros

Romans

« L’Enquête » Philippe Claudel

 

               Chargé de réaliser une enquête sur une vague de suicides dans « l’Entreprise », le narrateur tombera de Charybde en Sylla avant de pouvoir la commencer: il perd ses papiers, on ne le reconnaît pas, il est pris pour un réfugié clandestin, un illuminé, il est transbahuté d’un chef à un responsable sans arrêt,…

               Ce livre, qui se voulait probablement à la base une réflexion sur le monde du travail et ses dérives, sur une société codifiée et hiérarchisée à outrance, est finalement un raté pour Philippe Claudel qui a écrit de véritables chefs d’oeuvre lorsqu’on pense à La Petite fille de Monsieur Linh ou au Rapport de Brodeck.

Cynthia

Romans

« L’Indésirable », Sarah Waters

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J’ai littéralement été aspirée par ce livre. Je n’arrivais plus à le lâcher et l’histoire me hantait.  Cette auteure a une force d’évocation et une belle écriture très bien rendue par la traduction d’Alain Defossé.

 

L’histoire peut paraître banale : nous sommes en Angleterre après la seconde guerre mondiale; Le monde a changé et les familles possédant les terres ne sont plus aussi riches qu’avant. Le docteur Faraday, d’extraction modeste, est appelé au chevet de la bonne d’une de ces familles récemment désargentées. La mère essaie de sauver les apparences, le fils essaie de gérer au mieux les affaires de la famille et la fille, sans dote et sans beauté, vit comme elle le peut dans cette maison délabrée. Or il s’avère que cette maison, le dr Faraday y avait déjà pénétré étant enfant et en avait gardé un souvenir très fort. Il va tout faire pour s’y rendre à nouveau et, sous couvert d’une étude scientifique, il propose de soigner gratuitement le fils de la famille touché lors d’un accident dans la RAF.

Peu à peu on pénètre plus avant dans leur univers grâce aux descriptions qu’en fait le Dr Faraday et on constate avec lui que quelque chose de bizarre se passe dans cette maison quasi vidée de ses richesses et dont certaines pièces sont condamnées. Lors d’une soirée mondaine organisée tant bien que mal par Mrs Ayres, la mère, un drame survient qui déclenche une montée d’angoisse qui ne trouvera son dénouement que dans un drame ultime.

Mais qui en est la cause ? Voilà une question digne d’Edgar Allan Poe.

 

Laurence

 

Denoël, col. D’ailleurs, 26.50€

 

Romans

« Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants », Mathias Enard

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J’ai lu ce petit livre en quelques heures et c’était un bon moment de lecture.

L’auteur imagine un moment dans la vie de l’artiste Michel-Ange dont on ne sait rien. Nous sommes en 1506 et, alors qu’il doit réaliser le tombeau du Pape Jules II, Michel-Ange disparaît mystérieusement pendant quelques mois. On le retrouve à Constantinople où le Sultan désire construire un pont pour relier la Corne d’Or. Ce pont ne verra jamais le jour mais c’est l’occasion pour l’auteur de nous faire découvrir un artiste renommé de la Renaissance confronté à la beauté du monde Ottoman et à la conception d’une oeuvre se mariant à son environnement.

Laurence

 

Actes Sud, 17€