Picquier

La papeterie Tsubaki – OGAWA Ito – traduit du japonais pas Myriam Dartois-Ako – Picquier

Après avoir voyagé, Hatoko – surnommée Poppo – rentre chez elle, à Kamakura, pour s’installer dans une ancienne maison traditionnelle, prendre possession de la papeterie que lui a léguée sa grand-mère et devenir à son tour, comme elle l’a appris, écrivaine publique.

Jour après jour, la jeune femme raconte sa vie par le menu : ménage, repas, échanges avec sa voisine, accueil des clients dans le magasin … Surtout, elle parle de l’Aînée, sa grand-mère, de ses travaux d’écriture et des personnes qui lui confient le soin de trouver les mots qui leur manquent.

Au fil de l’histoire, la relation qui la lie à sa grand-mère se dévide comme pelote, le portrait de cette aïeule exigeante, sévère et austère, se nuance peu à peu de teintes plus douces, et la légende « familiale » se détricote … L’auteure tire ainsi le fil de la filiation, interroge l’amour qui ne se dit pas – ou d’une façon détournée et maladroite –, la transmission qui s’impose et la manière dont se trame un destin.

Se déploie aussi, dans ce roman, l’art d’écrire pour les autres, un art fait d’une attention fine, d’un soin extrême et d’une sensibilité vibrante, d’une empathie discrète et d’une clairvoyance prudente, qui se manifestent dans le choix des mots et des tournures, bien sûr, mais aussi dans celui de la couleur de l’encre, de la forme et de la texture du papier, du type d’enveloppe … tout, jusqu’au timbre, doit être signifiant et adéquat – de sorte que les séances d’écriture relèvent presque du rituel.

Et c’est cela – en plus du personnage attachant et touchant – qui réjouit et charme, dans La Papeterie Tsubaki : cette façon de vivre, d’être et de faire, de regarder et de sentir, d’entrer en relation avec les autres … empreinte d’une délicatesse et d’une attention qui rendent à toute chose, grande ou petite, visible ou invisible, sa valeur et son importance. C’est comme si, dans la partition de la vie, aucune note ne devait être négligée, pas même la plus ténue – car elle contribue autant que les autres à l’harmonie et à la mélodie de l’ensemble.

Delphine

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