Romans

Un certain sourire – Françoise Sagan

 

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Je n’avais jamais lu de livre d’elle et j’ai commencé par celui-ci. Il m’a beaucoup plu.

Histoire toute simple d’une jeune fille de province, Dominique, qui est montée à Paris pour y étudier le droit et qui vit une relation un peu ennuyeuse avec un jeune homme de son âge. Celui-ci lui présente son oncle et sa tante qui vont la prendre sous leur aile protectrice.  L’épouse parce qu’elle n’a jamais eu d’enfant veut la guider dans sa féminité et l’homme, séducteur et très semblable en caractère, va l’emmener en vacances à Cannes avec comme convention qu’il n’y a pas d’amour possible entre eux.Cette relation vaut mieux que l’ennui qu’elle ressent en général mais comment se détacher d’une passion quand c’est la première fois?

Laurence

éditions Pocket, 5.85€

 

 

Romans

« La double vie de Vermeer » – Luigi Guarnieri

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« La double vie de Vermeer » est un documentaire qui se lit comme un roman. Han Van Meegeren est un peintre hollandais du XXème siècle. Traditionaliste,  il est adulé ou décrié par ses contemporains à cause de ses succès comme de ses excès. Frustré d’être mis au ban à cause d’artistes modernes comme Picasso ou Mogdigliani, il décide de gruger les meilleurs antiquaires, critiques et historiens d’art en créant des faux attribués à Vermeer dont la reconnaissance pointe à peine.

Il s’agit d’un roman-choral dans lequel se croisent Vermeer et Van Meegern bien sûr, mais également Proust et Goering, amateurs d’art s’il en est. 

La double vie de Vermeer, Luigi Guarnieri, Actes Sud

Disponible dès à présent dans la collection de poche « Babel »

Romans

« L’Olympe des infortunes » – Yasmina Khadra

Cet olympe est un bout de terrain arraché à toute civilisation, sorte de terrain vague en bordure de mer et d’une décharge, à proximité d’une grande ville dont le nom est tu. Vivent là, en ermite ou en bande, des personnages déçus, déchus, marginaux hagards et avides de liberté. Yasmina Khadra focalise principalement son propos sur deux d’entre-eux, vivant non pas en couple mais plutôt comme père et fils: Ach le borgne et Junior le simplet.

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Le premier veille sur le deuxième tantôt comme sur un fils, tantôt comme sur un chien et lui enjoint de ne pas quitter les limites de leur monde parce qu’il ne pourrait s’adapter à celui des autres, des hommes « normaux ».  Un jour cependant, un mage fraîchement débarqué sur ce territoire hors du temps ébranle les fondamentaux de Junior en lui faisant miroiter tous les bienfaits de la grande ville, d’une vie de famille, d’un travail régulier…Ach ne peut empêcher le départ de son poulain et les conséquences désastreuses qui s’en suivront.

La  question que pose ce roman est de savoir jusqu’où contredire ou soutenir un ami, un proche, dans ses choix; comment lui faire comprendre ce qui est bien pour lui ou pas. Comme toujours, la langue de l’algérien est belle, il parvient à créer un tableau en peu de mots mais j’ai été déçue par cet « Olympe des infortunes ».

Il était risqué de créer l’après-Ce que le jour doit à la nuit, roman époustouflant, bouleversant, magnifique. Il était difficile de faire mieux et Yasmina Khadra était évidemment attendu au tournant. Cela arrive et c’est tant mieux.

                                                                                                       Cynthia 

Romans

Feu – Régine Vandamme

Nous avions débuté ce blog avec une rencontre avec Régine Vandamme, je m’en voudrais de ne pas parler de son nouveau livre « Feu »,que j’ai trouvé magnifique

 

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L’auteur s’adresse à un homme et nous dévoile peu à peu sa vie. La journée que nous entamons avec lui commence à 9h37 et se termine 19h26. Cet homme est enfermé dans un appartement devenu un capharnaüm et subit une canicule qui l’anéantit. Il s’est enfermé dans le noir et en lui-même. On comprend qu’autrefois il avait une vraie vie, il était journaliste, marié et avait 4 enfants. Mais une première fêlure l’a touché à 22 ans quand il n’a pas répondu à son père et depuis lors il se sent en-dehors de la vie et de sa vie et sombre dans le désepoir. Il se désintègre sous nos yeux.

Dès le début on sent que le tragique est au bout et l’auteur fait monter la tension peu à peu au moyen d’une écriture sans fioriture et très intense.

Encore un très bon livre de Régine Vandamme que je vous conseille vivement.

 

 

 

Romans

« Le Boulevard périphérique » – Henry Bauchau

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                 Le dernier roman d’Henry Bauchau est salué par les critiques comme étant le plus réussi, le plus abouti. Ce n’est pas un vain compliment. Il est des livres qui marquent, interpellent, choquent, dont la lecture est laborieuse voire cruelle. S’il est difficile à ouvrir, Le Boulevard Périphérique l’est tout autant à refermer.

                Henry Bauchau retrace la relation particulière qu’entretenait le narrateur avec son ami Stéphane, rencontré sur les chantiers durant la Seconde Guerre mondiale, et le souvenir de cette amitié défunte, qui se réveille en lui lorsqu’il se retrouve, quarante ans plus tard, confronté à une situation aussi tragique, la maladie de sa belle-fille qu’il visite quotidiennement à l’hôpital. Les longues heures qu’il passe dans les transports en commun sont autant de moments a-temporels qui agissent sur lui tels la madeleine de Proust et lui permettent de revivre un passé trop longtemps enfoui au fond de sa mémoire.

               Dans Le Boulevard périphérique, Henry Bauchau décrit les affres de la guerre, le désarroi face à la maladie avec comme arme contre ces adversités, la simplicité. De son vocabulaire notamment. Il emmène ainsi son lecteur à l’essentiel, au message qu’il souhaitre transmettre: l’amour, il n’y a que ça qui compte, il n’y a que ça qui reste. Il existe des listes entières de romans qui vont dans ce sens mais celui de Bauchau s’en démarque: il interpelle.

Henry Bauchau, Le Boulevard périphérique, Actes Sud, Arles, 2008

La version « poche » est disponible depuis septembre 2009 dans la collection « Babel »

 

http://www.actessud.com