Belfond, Romans

Le dîner, Herman Koch

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Nouvel auteur néerlandais à être traduit en français, Herman Koch nous décrit notre société à travers le regard d’un père contemplant la violence perpétrée par son fils. Entre comédie et roman noir, nous observons comment des parents bien sous tout rapport ont pu engendrer des monstres parce qu’eux-mêmes ne veulent pas se remettre en question.

Les parents des jeunes concernés sont pourtant réunis au restaurant pour parler de leurs enfants qui ont commis l’irréparable mais n’ont pas encore été démasqués par les autorités. Les deux pères sont frères et leur relations n’ont pas toujours été faciles car le narrateur de l’histoire, enseignant raté, s’est toujours senti inférieur à l’autre, politicien en passe de devenir premier ministre. Il est même assez fier de voir que son fils a le dessus sur son cousin. Tout au long du repas, ce père se remémore tous les événements de sa vie de parent qui ont pu mener à cet acte violent mais jamais on ne se sent de sa part le moindre regret.

Un élément majeur du roman est l’intervention des nouveaux moyens de communication que sont les gsm ou smartphone, facebook et autre youtube. Toute cette technologie utilisée par les jeunes et qui leur permettent de communiquer entre eux mais aussi à se mettre en valeur ou à se menacer.

Divisé en trois parties, L’entrée, le plat et le dessert, le roman fait monter peu à peu la tension en dévoilant la violence de l’acte commis et le caractère des personnages.

Un très grand roman, un auteur à suivre.

Laurence

Viviane Hamy

« Armée furieuse » de Fred Vargas

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J’ai lu ce livre le vendredi 27 mai toute la journée et j’étais triste de le quitter. Attendre trois ans pour lire le nouveau roman policier de Fred Vargas cela en valait la peine.

Le commissaire Adamsberg suit toujours ses intuitions et cette petite bonne femme qui vient lui parler de la vision de sa fille, ça l’intrigue. Il faut qu’il en sache plus. En Normandie comme à Paris, les crimes crapuleux existent et Adamsberg va être confronté à plusieurs enquêtes en même temps. Jouer sur la corde raide pour les résoudre ne lui fait pas peur mais à qui peut-on faire confiance?

Fred Vargas nous emmène, comme à son habitude, entre réalité et surnaturel. Les petites gens sont souvent les plus nobles dans ses romans et cet opus nous le démontre encore une fois.

Du tout bon roman policier.

Actualité et animations, Flammarion

Charles Bricman, 18 mai

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« Comment peut-on être belge? » Voilà le titre du livre de Charles Bricman édité dans la collection Café Voltaire chez Flammarion.

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D’emblée nous lui avons demandé comment ce livre lui était venu et la réponse était simple : c’est une commande de l’éditeur Flammarion. En France les gens ne comprennent pas ce qui se passe dans ce petit pays voisin du leur, il s’est donc simplement inséré dans la collection Café Voltaire parce que le but des ouvrages de cette collection est de réunir les gens autour d’un thème et de donner des clefs de compréhension sur un sujet donné. 

L’auteur, qui fut journaliste au journal « Le Soir », directeur d’un département de recherche en techno-biologie, est maintenant chroniqueur indépendant sur son propre blog « on a des choses à se dire » http://blog.pickme.be/. Il était donc particulièrement bien désigné puisqu’il essaie de prendre de la hauteur par rapport à l’actualité.

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Selon Charles Bricman, il est important de connaître l’histoire de la Belgique depuis sa création pour comprendre ce qui se passe actuellement or nous manquons de repères historiques. En effet, en Wallonie peu de cours existent sur l’histoire contemporaine de la Belgique et en Flandre, les cours d’histoire parlent principalement de la Flandre.

Son livre débute sur un événement majeur pour l’histoire actuelle de notre pays : la déclaration de Gaston Eyskens du 18 février 1970 qui entama la réforme de l’état en modifiant la Constitution Belge. Pour l’auteur on a ouvert la boîte de Pandore sans avoir réfléchit réellement aux décisions à prendre or, selon lui, trois clivages existent en Belgique :

Catholiques /libres penseurs

Flamands / francophones

droite/ gauche

et Bruxelles est au milieu ne sachant sur quel pied danser.

Il est flagrant que nous ne nous connaissons plus. Ces clivages sont très importants et très marqués et nous ne faisons pas d’effort pour comprendre les citoyens de l’autre côté de la frontière linguistique. Nous manquons d’empathie envers l’autre communauté. Selon Charles Bricman, il est aussi très surprenant de constater qu’en général les politiques socio-économiques sont principalement de gauche alors que le pays est majoritairement de droite du point de vue des votes. Donc comment aboutir à une réforme quand les protagoniste sont si différents.

Mais à l’heure actuelle le vrai problème c’est, d’une part, le désintérêt total de la population pour la politique. La Belgique en tant qu’état n’intéresse plus personne, les hommes politiques n’ont plus de programme global puisqu’ils n’ont rien à défendre de l’autre côté de la frontière linguistique et les Belges ne considèrent pas que l’Etat c’est eux. Il n’y a donc aucune revendication de la part du peuple. Il a pris l’exemple de la France qui a fait sauté les paras sur Paris en 1959 parce que plus rien de marchait. Ici cela fait bientôt 4 ans que tout est bloqué mais rien ne se passe.

Ici ce n’est pas le cas puisque les Régions gèrent déjà beaucoup de choses et que l’Etat a l’air de tourner.

Malheureusement il y a de très graves décisions à prendre pour les pensions, les impôts, pour la justice, etc et rien ne se décide à cause de cette crise. Selon Charles Bricman, le prochain gouvernement va devoir prendre des décisions très impopulaires et qui vont être très dures à cause du retard pris.

Et en ce qui concerne la réforme de l’Etat, selon l’auteur, pour arriver à un vrai Fédéralisme comme en Suisse ou en Allemagne, il faudrait plutôt réfléchir à ce que l’on veut encore faire ensemble plutôt que de tout détricoter comme on le fait actuellement.

Comme vous le voyez c’était un vrai Café Voltaire, nous avons réfléchi et argumenté. C’était une soirée très riche en informations et en réflexions.

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Laurence

Actualité et animations, Bernard Tirtiaux, JC Lattès, Poésie

Bernard Tirtiaux, le 3 mai

 

Voici quelques photos de la soirée avec Bernard Tirtiaux. Le public était au rendez-vous et très intéressé.

Nous avons parlé de ses deux livres récemment sortis aux éditions Lattès.

« Lueurs » reprend des textes qu’il a écrit en même temps qu’il concevait une nouvelle oeuvre. L’un ne va pas sans l’autre parce que la création plastique induit une réflexion intellectuelle et qu’il aime coucher les mots sur le papier.

Le recueil est divisé en plusieurs parties qui rendent hommage à son pays, aux artistes qu’il a fréquentés ou parlent de thèmes comme l’amour, le temps…

Le livre contient deux cahiers de photos à partir desquels Bernard Tirtiaux nous a expliqué son travail de maître verrier.

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Nous avons évidemment parlé de son roman « Prélude de cristal » relatant l’histoire d’amour contrarié entre une jeune pianiste et un souffleur de verre. L’auteur a mêlé la grande et la petite histoire dans se roman au souffle romanesque prenant.

Rencontrer Bernard Tirtiaux c’est aussi le suivre dans les méandres de sa mémoire et de ses rencontres qui sont très importantes dans sa vie et c’est découvrir un homme talentueux dans bien des domaines.

Nous avons passé une très agréable soirée et nul doute que nous sommes tous rentrés chez nous avec des étoiles dans les yeux.

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Gallimard

Pour mettre de l’eau au moulin

Je viens de livre le nouveau livre de Christian Bobin intitulé « Un assassin blanc comme neige »dont je tire le passage suivant :

 » Les livres anciens avec leurs chairs froissées m’émeuvent de revenir triomphants des ténèbres. Les objets de la science vieillissent à une vitesse infernale. Morts, ils encombrent, empoisonnent, enlaidissent. Les livres de papier dans leurs lits de cristal dorment comme des anges. Un regard et ils sortent d’un sommeil de plusieurs siècles, fraternels,vifs encore. »

 

Laurence